Le moindre des » mérites » de certains de nos députés et autres politiques est le sens aigu de l’opportunité, mais hélas, seulement l’orsqu’il s’agit de forfaitures.
Au prix du sang versé et d’indicibles sacrifices, tamazight étant désormais réhabilitée, il s’en trouve qui par de perfides stratagèmes et sournoises manœuvres tentent d’altérer cet historique acquis.
Ainsi des parlementaires comptent initier une loi qui porterait transcription de tamazight en langue arabe.
Franchement, cela aurait été une proposition comme une autre justiciable d’un débat public entre les différentes conceptions de la question à ce propos parmi les tifinaghistes arabistes et latinistes.
Cela aurait pu l’être si seulement les élus de la Chambre basse dominée par le courant islamo-conservateur avaient eu la chance de ne point être suspectés de ne pas vouloir que du bien à cette langue millénaire.
Il y en aurait même qui du FLN ou du MSP ou d’un autre bord du même acabit qui durant leur parcours auraient combattu avec ferveur toute référence à cette dimension de l’identité nationale.
Combien de ces élus du peuple, de quelque façon que ce soit, s’estimeraient bien placés pour palabrer quant à ce que devrait être tamazight ?
Avant qu’ils n’en soient contraints au sein de leurs formations respectives – si tant est que c’est le cas- d’inscrire dans leurs littératures de partis l’incontournable dimension identitaire amazighe de l’Algérie, qui avait seulement affiché de la neutralité vis-à-vis de la problématique ? N’était-ce pas le défunt Nahanh qui avait recommandé Seïf El Hadjaj contre les manifestations en Kabylie lors de l’assassinat de Matoub ? C’est dire, à ce stade du ressentiment anti-kabyle, ce qu’il en est de tout le bien que pensent ses disciples et tous ceux d’autres formations au Parlement nourries aux mêmes sources du chauvinisme arabistes et de l’intolérance islamiste.
Si,comme ces élus inspirés, l’on postule que le choix d’une graphie n’importe pas et n’influe pas sur l’essentiel, à savoir la transcription et la fonctionnalité d’une langue, pourquoi pas dans ce cas le caractère latin ou à la limite le tifinagh ?
D’où la perfidie de l’initiative alors que les latinistes ont, eux au moins, le mérite de la franchise, qui affirment que le choix d’une graphie est un choix éminemment idéologique ( voir l’article de Nabila B. ).
A chacun donc ses choix graphiques…et idéologiques.
H. O.
