Cette rencontre mondiale à laquelle la célèbre écrivaine, a été invitée, sera invitée d’honneur. Selon le site Internet, » Algeriade « , Assia Djebar, cet auteur qui se veut l’une des plumes les plus brillantes de la littérature française contemporaine a été accueilli, encore une fois par le Centre François-Mauriac de Malaga, le 25 août passé pour présenter, Correspondances retrouvées, une création originale à partir de ses propres textes sur une musique de Jean-Jacques Quesada. Correspondances retrouvées a été déjà exposée à Bordeaux en 2003, puis à Oran et Alger en 2004.
Durant le mois de mars, France 5 a diffusé Assia Djebar en intitulant la rencontre, La soif d’écrire, un portrait – documentaire signé Frédéric Mitterrand et Virginie Oks.
De son pays d’origine à New York où elle enseigne aujourd’hui en passant par l’Allemagne qui l’a honorée à plusieurs reprises, le film revient sur le parcours de l’écrivain, de son initiation à la littérature à son admission récente à l’Académie française. Elle fait paraître, Oran langue morte, son recueil de nouvelles, contes et récits en novembre aux Etats-Unis sous le titre de The Tongue’s Blood Doesn’t Run Dry, dans lequel elle reprend, « Le sang ne sèche pas, simplement il s’éteint », une citation tirée de Vaste est la prison qui figure dans l’intitulé de la postface à l’édition française (Actes Sud, 1997).
En octobre, tout comme le poète syro – libanais Adonis, le Tchèque Milan Kundera, l’Américaine Joyce Carol Oates, la Britannique Doris Lessing ou le Japonais Haruki Murakami, l’écrivaine algérienne comptait une nouvelle fois parmi les nominés pour le prix Nobel de Littérature qui a été attribuée à l’écrivain turc à succès Orhan Pamuk, souligne la même source.
» Assia Djebar a été reçue le 22 juin 2006 sous la coupole de l’Académie française. Evoquant son élection de l’année précédente elle annonce avoir eut le sentiment « presque physique » que les portes de la vénérable institution du Quai Conti « ne s’ouvraient pas pour moi seule, ni pour mes seuls livres, mais pour les ombres encore vives de mes confrères – écrivains, journalistes, intellectuelles, femmes et hommes d’Algérie qui, dans la décennie quatre-vingt-dix ont payé de leur vie le fait d’écrire, d’exposer leurs idées ou tout simplement d’enseigner… en langue française. »
Une langue française dont elle dit qu’elle est, « lieu de creusement de mon travail, espace de ma méditation ou de ma rêverie, cible de mon utopie peut-être… ». Après avoir rappelé que « le colonialisme vécu au jour le jour par nos ancêtres, sur quatre générations au moins, a été une immense plaie ! », Assia Djebar a conclu son discours de réception sous la coupole de l’Académie sur « un vœu de » shefa’ « » (guérison), « car mon français, dira-t-elle, doublé par le velours, mais aussi les épines des langues autrefois occultées, cicatrisera peut-être mes blessures mémorielles. ».
Une nouvelle édition d’Ombre sultane est parue en février 2006 aux éditions Albin Michel. Durant le mois de novembre, Les Enfants du nouveau monde, le troisième roman d’Assia Djebar paru en 1962, qui met en lumière les histoires et les questionnements d’une galerie de personnages féminins au coeur de la guerre d’Indépendance, a été publié en anglais sous le titre de Children of the New World.
Avec un jury composé notamment de Tahar Ben Jelloun (Maroc), Björn Larsson (Suède), Predrag Matvejevi_ (Croatie) et de Luis Sepúlveda (Chili), la 25è édition du prix Grinzane Cavour pour la Littérature, destiné à honorer « des auteurs italiens et étrangers qui ont consacré leur vie à la littérature », a vu récompenser Assia Djebar du prix de la Fondazione CRT pour la Lecture.
Cette distinction lui a été remise lors d’une cérémonie à Turin, en présence d’une vingtaine d’écrivaines réunies à la faveur d’une table ronde intitulée « Ecriture dévoilée, paroles et femmes du Maghreb à l’Iran ».
Le 29 juin 2005, l’écrivaine a en outre été nommée docteur honoris causa de la section Langues et Littérature de l’université d’Osnabrück.
Deux semaines auparavant, elle était élue, au 2e tour du scrutin, au fauteuil n° 5 de l’Académie française. La prestigieuse institution devait élire un successeur au fauteuil vacant du juriste Georges Vedel, disparu en 2002, pour lequel Assia Djebar s’était portée candidate. Lors de la séance du 16 juin, sur trente-deux votants, les voix obtenues se répartissaient comme suit : Assia Djebar (14, puis 16 voix), Dominique Fernandez (9, 11 voix), Michel Tack (aucune voix), bulletins blancs (4, 2), bulletins blancs marqués d’une croix (5, 3).
L’écrivaine algérienne devenait ainsi la première personnalité maghrébine à être admise, parmi les 40 « Immortels », sous la coupole de l’Académie française créée en 1635. C’est aussi la cinquième femme à y siéger depuis l’élection de Marguerite Yourcenar en 1981 et la seconde personnalité africaine après Léopold Sédar Senghor en 1983. La nouvelle académicienne s’est déclarée « contente » de son élection, « pour la reconnaissance que cela implique pour la littérature francophone de tous les autres pays, y compris évidemment du Maghreb, […] mais aussi de tous les pays africains ». Elle avait alors confié son espoir que cela encouragerait en retour la traduction en arabe d’auteurs francophones en Algérie, au Maroc et en Tunisie.
En 2004 en Italie, après Antonio Tabucchi en 2001, suivi d’Amin Maalouf et de Vassilis Vassilikos, en 2002 et 2003, la dixième édition de Dedica a été consacrée à Assia Djebar. On y a notamment vu projeter l’un de ses deux films, La Nouba des femmes du mont Chenoua, qui fut primée à Venise en 1979
Toujours en 2004, Assia Djebar a été citée pour le prix Nobel de la littérature l’Américaine Joyce Carol Oates et de la Danoise Inger Christensen.
Auteur prolifique (romans, poésies, nouvelles, essais, théâtre) et réalisatrice, née Fatma-Zohra Imalhayene en 1936 à Cherchell, Assia Djebar est la plus célèbre écrivaine algérienne de langue française.
Après le collège à Blida et le lycée à Alger et Paris, elle est la première étudiante musulmane à entrer à l’École normale supérieure de Sèvres. Elle suit le mot d’ordre de grève des étudiants algériens de 1956 et entame une carrière littéraire inaugurée avec La Soif (1957) et Les Impatients (1958). Elle quitte l’École de Sèvres en 1958, pour se marier et part à Tunis où elle travaille en qualité de journaliste, puis, à la faveur d’un D.E.S. en Histoire, de professeur à Rabat et Alger.
En 1962 elle publie, Les Enfants du nouveau monde, où Assia Djebar éclaire, à sa façon, la présence des femmes dans la guerre d’Indépendance.
En 1965, elle quitte une nouvelle fois l’Algérie pour la France où elle publie, un autre ouvrage qui est, Les Allouettes naïves, en 1967.
De 1974 à 1980, l’écrivain retourne enseigner la littérature française et la sémiologie du cinéma à l’Université d’Alger. Durant cette période elle se met à l’étude de la langue arabe et réalise deux films.
Elle repart en France pour publier en 1980, Les Femmes d’Alger dans leur appartement.
Assia Djebar est aujourd’hui, traduite dans une vingtaine de langues, la romancière a été primée à plusieurs reprises en Belgique, aux Etats-Unis, en Italie, au Canada, en France et en Allemagne.
Assia Djebar est aussi lauréate du prix Maurice Maeterlinck (Bruxelles, 1995), du Literary Neustadt Prize (USA, 1996) pour sa contribution à la littérature mondiale, du Marguerite Yourcenar Prize for Literature (USA, 1997) pour Oran, langue morte et du prix de Palmi (Italie, 1998).
Docteur honoris causa des Universités de Vienne (1995), de Concordia (Montréal, 2000) et plus récemment d’Osnabud, (2005), elle était élue en 1999 à l’Académie royale de Belgique, au siège de Julien Green, avant d’être nommée Commandeur des Arts et des Lettres en France, en 2001, et de recevoir la Grande médaille (Vermeil) de la Francophonie décernée par l’Académie française.
Synthèse Fazila Boulahbal
