La grève des producteurs de lait s’élargit

Un des producteurs en la personne de M. Dellal Abdelkader, contacté hier, nous a révélé qu’il  » n’existe aucun problème entre les producteurs et la confédération des industriels et des producteurs algériens (Cipa).  » Il informera que les deux parties se sont réunies dans la matinée d’hier pour débattre des problèmes auxquels sont confrontés les producteurs depuis quelques mois. Or, les responsables de la Cipa avaient réagi, à en croire l’information rapportée dans la presse, à la décision prise par les producteurs de cesser la production en déclarant qu’aucun mot d’ordre de grève n’a été lancé par l’organisation et que la déclaration reste une initiative qui n’engage que ses signataires. Deux sons de cloches qui ne concordent pas.

Néanmoins, notre interlocuteur dira que la Cipa a promis, à l’issue de la réunion, de présenter les doléances des producteurs au Chef du gouvernement, à savoir entre autre, le retard de payement de 3 mois, l’avenir des producteurs, l’engagement non tenu par l’Onil concernant la poudre du lait…

Entre temps, le représentant de la Cipa avait déclaré dans la matinée à la radio qu’une importation de poudre de lait est prévue des Etats-Unis dans les tout prochains jours.

A la dernière minute, M. Dellal a annoncé que les producteurs d’Alger et ceux de la Kabylie sont entrés hier dans la matinée en grève. Sans se démarquer formellement de cette initiative, M. Mehenni avait rappelé que la Cipa a pris en charge les revendications de la filière dans un cadre organisationnel en saisissant le Chef du gouvernement qui est, donc, « au courant des problèmes auxquels fait face la filière » puisqu’il appartient au pouvoirs publics de prendre en charge cette question. Selon lui, il est normal que les producteurs  » se plaignent des difficultés et des entraves qu’ils rencontrent « , notamment suite à la hausse des prix de la matière première.

Cette crise refait surface est vient, donc, alimenter l’actualité suite à une déclaration rendue publique par une vingtaine de producteurs des wilayas du centre, parmi lesquels figurent Djurdjura World trading, Monlait, Complexe laitier de la Mitidja… Les grévistes ont décidé de cesser la production à partir, d’hier, provoquant déjà chez les citoyens la crainte d’une autre pénurie de ce produit de première nécessité. Plus menaçants, les producteurs de lait déclarent qu’en raison, d’une part, de l’absence de perspectives claires leur permettant de conduire sur des bases saines leur plan d’action, et, d’autre part, leur incapacité d’assumer plus longtemps leurs efforts financiers et humains,  » nous allons, à très brève échéance, et à notre corps défendant, être dans l’obligation de rejoindre la cohorte des entreprises à l’arrêt.  »

Les producteurs en grève mettent en avant le problème des subventions apportées par les pouvoirs publics à la filière. Pour eux, cette subvention est dépassée, suite aux développements enregistrés sur les marchés internationaux, à savoir une hausse vertigineuse des prix de la poudre de lait. La subvention était, en effet, calculée sur la base de 3 700 dollars la tonne de ce produit qui est passé, entre-temps, à 6 000 dollars. « Il était prévu que ce niveau de subvention ne serait pas fixe et que la subvention suive la courbe d’évolution des prix de la poudre de lait. En d’autres termes, si le prix de la poudre de lait augmente, le niveau de la subvention augmente et inversement.  » Or, poursuivent les signataires, l’indexation sur l’évolution de la courbe des prix n’a pas été appliquée. « 

Nacer O. M