D’habitude ce sont les citoyens qui se plaignent des bouchers mais cette fois, la situation est différente, cocasse, sommes-nous tentés de dire. Apparemment, la guerre des prix qui a vu, l’an dernier, le kilo de viande descendre à 380,00 DA, n’est pas prête de se terminer. Tous les coups sont permis. Les vendeurs de viande fraîche n’ont pas pardonné à leurs homologues vendeurs de congelé, d’avoir cassé les prix. Ils ne se regardent plus en chien de faïence mais agissent et comme on dit « A la guerre comme à la guerre ». Les bouchers traditionnels trouvent que la viande venant de l’étranger n’est pas toujours abattue selon le rite musulman, que la chaîne du froid n’est pas toujours respectée, cela sans parler de la saveur « c’est comme si on mangeait du carton » disent-t-ils. Ces derniers jours, pour se défendre, les vendeurs du produit d’importation montent au créneau et désignent du doigt leurs adversaires. En plus de vanter leur marchandise (la viande congelée), ils insistent sur le volet sensible, qu’est l’hygiène, en cette période de chaleur. Il faut dire que la fermeture de l’abattoir leur a donné « du grain à moudre ». Ainsi, d’après l’un d’eux « les conditions d’abattage dans une rivière sont loin de répondre aux normes en vigueur ». Il ajoute, par ailleurs, que la plupart des bouchers « transportent les carcasses dans des véhicules non aménagés(entendre non frigorifiques) pour ce genre de marchandises ». Lors de la fermeture de l’abattoir, nous avons attiré l’attention (voir DDK n°886, du 7 mai) sur les risques des abattages clandestins que ne manquerait de générer la situation. Que fait l’arbitre (les services de contrôle, en l’occurrence) dans tout cela ? Seuls, les services d’hygiène sont habilités à contrôler et sévir s’il y a lieu. D’importation ou locale, la viande peut-être source d’intoxication. Il est du devoir des services concernés de veiller à la santé des consommateurs et de prendre les mesures nécessaires qui s’imposent pour prévenir tout risque.
Nacer B.
