Cupidité, négligence ou dhaoussou lwaldine comment peut on qualifier le comportement inhumain de personnes abandonnant leurs parents dans des hospices ou foyers pour vieillard ?
Une légende kabyle raconte qu’un jour, un homme emmena son vieux père impotent au bord d’un précipice pour s’en débarrasser. Toutes les supplications du vieillard n’ont pu faire entendre raison au jeune homme qui acculé par sa femme avait décidé du sort de son père.
En jetant son patriarche dans le gouffre, le fils n’avait eu aucun remords et s’en retourna chez lui auprès de son épouse. Bien des années plus tard, le fils étant devenu lui-même vieux et invalide, devint un fardeau pour son propre fils.
Ce dernier, sur les conseils et demandes insistantes de sa femme, prit la résolution de se débarrasser à son tour de son père. Même scénario que quelques années auparavant et au même endroit où il s’était débarrassé de son père, le vieux se mit à son tour à supplier son fils de ne pas le tuer.
C’est à ce moment-là que lui revinrent en mémoire les cris et les supplications de son père. En s’adressant à son fils, le vieux raconta comment il avait tué son paternel sur les conseils de sa femme. Le jeune homme prit alors conscience que l’histoire ne manquerait pas de se perpétuer s’il agissait de la sorte. Il remmena avec lui son père lui épargnant ainsi la mort et lui dit d’emporter avec lui sa malédiction dans la tombe. En agissant de la sorte, le jeune homme avait prit conscience qu’il ne fallait pas à ce qu’il s’attende à une fin plus agréable que celle qu’il avait réservé a son père. La morale de cette légende est on ne peut plus explicite. Le tissu familial est sacré surtout dans une société qui à trop souffert, particulièrement lors de la guerre de Libération nationale. On se souvient en effet que des milliers de familles avaient déserté leurs villages sous l’occupation coloniale. Ces familles ont pourtant trouvé refuge dans des villages voisins, et ce n’est pas pour autant que les vieux avaient été abandonnés dans leurs villages car impotents ou invalides. L’absence d’humanisme serait-il en phase de devenir un fléau auquel seul les pouvoirs publics pourront apporter un semblant de solution ? Ne l’espérons pas, pour l’amour des vieux.
Hafidh Bessaoudi
