Culture : Brahim Tayeb à l’assaut de Paris

En effet, le 24 février il se produira au théâtre « Adyar », dans le 7ème arrondissement. Avec un orchestre de professionnels, surtout riche en métissage puisqu’il est composé de plusieurs nationalités : autrichienne, française de l’opéra de Paris, marocaine et le clarinettiste, Australien. C’est aussi un plaisir de travailler avec Rabah Khalfa qui n’est plus à présenter. « Si l’on regarde leur pointure, il me serait impossible de leur rendre le bien qu’ils me font. Je remercie ces musiciens pour le travail qu’ils fournissent. Leur souci c’est de réussir ce rendez-vous. C’est exceptionnel ! » nous confie l’artiste.

L’Association « Les printemps du monde », dont Kamela est la présidente et son époux Gaya se sont beaucoup investis. La devise de la démarche : « Inscription à l’université d’une œuvre profondément originale ». Après avoir enregistré dans les studios de BRTV il y a deux ans, Brahim revient donc à Paris où il affrontera la scène et mesurera sa popularité en métropole des arts. Pour Susanne Schmidt, chef d’orchestre, membre du groupe : « Brahim est un musicien talentueux ;Paris aimera ce genre qui, à mon avis, touche au sublime. Après avoir vu toutes ses partitions, je suis devenue plus intelligente parce que j’ai compris. Comme c’est beau de comprendre ! Il n’y a aucune raison que Brahim ne réussisse à plaire à Paname. Après USSAN N’NNI (ces jours-là), INTAS (dites-lui) et son nouveau produit TIXRAS, où les rêves tiennent une bonne place. D’ailleurs la première chanson commence ainsi : « J’aime bien rêver d’elle, à défaut de la voir », ou cet hommage à tous ceux qui cherchent à rêver dans « Awi Zegren Lebhar Siyalen ».

Il faut reconnaître que l’artiste n’a pas lésiné sur les moyens pour présenter un travail bien fait, une sorte de respect envers son auditoire. En reconnaissance, justement, Brahim est invité au festival « Les aveugles éclairent Paris » qu’organise la mairie de Paris au « Cabaret sauvage » le 27 de ce mois, sur l’intuitive de Hamou Bouakaz, attaché à la culture de Monsieur Bertrand Delanoë. Paris c’est aussi un lieu de rencontre. Brahim Tayeb retrouve un camarade de classe, Mohand, et ses souvenirs d’enfance passés au lycée « Abderrahmane El Illouli » de Larbaâ Nath Irathen que beaucoup d’artistes ont fréquenté dont l’éternel Matoub Lounès. C’est d’ailleurs en parlant du pays que l’excellent joueur de luth tient à rassurer que le retour au bercail est pour bientôt car c’est surtout la-bàs qu’il connaît le mieux son public dont il est fier et qu’il trouve adorable. Pour eux, il promet que le meilleur est à venir puisque l’art et la fécondité font bon ménage en Kabylie. « Le seul souci, c’est les institutions culturelles, il faut une réelle volonté de leur part. C’est triste de voir les poésiades de Béjaïa mourir, alors que Tahar Djaout, Djamel Amrani, Youcef Sebti et bien d’autres étaient de fidèles festivaliers. Les plus belles choses disparaissent et l’oubli installe sa dalle de béton. C’est inquiétant ! « . Comme le printemps revient souvent, que la beauté attire toujours, comment ne pas s’arrêter un instant sur sa chanson : « Ur Zriyara » Iwacu Tebrek T Seglayt Lyuf Acimi Temlel T Smektayed l’Muth D Acu Kan Izrig m’Kul Aguelid Itjargun Lakham Izerqas Webridh Yetsawin Yuram ?

En tous cas, l’occasion de découvrir un authentique artiste : avec la luxuriance d’images de ses textes est offerte aux Parisiens. Pour l’artiste, « Paris est pour moi la légende où se rencontrent toutes les légendes du monde pour se raconter d’autre légendes ». La communauté berbère sera fière de la présenter comme son ambassadeur ce mois de février. Rendez-vous pour communier dimanche 24 à 15h métro : Pont de l’Alma. Promis, c’est un petit délice musical !

Slimen Aggoun Paris