« Malgré le communiqué diffamatoire rendu public à la veille de la grève, la pression de l’administration, l’intox et la désinformation, la réponse est qu’on ne peut pas renverser une équation irréversible ! »
« Qui a marginalisé les syndicats autonomes? », s’interroge M. Meriane, en dénonçant la position » regrettable » des pouvoirs publics.
Ainsi, le leader de la Coordination des syndicats autonomes de la Fonction publique s’est posé une série de questions: » Qui a exclu les syndicats autonomes de toute négociation même lorsque la décision concernait leur avenir ? Qui est responsable de la précarité dans laquelle vivent les fonctionnaires ?
Qui est responsable du quotidien lourd des fonctionnaires? Qui est responsable du laminage du pouvoir d’achat du fonctionnaire ? Qui est responsable de l’inflation galopante incontrôlée ? » Pour lui, ce communiqué est une » précipitation » de la part du gouvernement. » Au lieu de trouver une solution, ils recourent à l’Unique comme moyen de diffamation « , s’est-il indigné. « Nous ne sommes pas des agitateurs tel que mentionné par le Chef du gouvernement. Nous sommes des syndicalistes conscients de l’avenir de nos travailleurs et de nos enfants. Nous sommes propres ! « , s’est-il par ailleurs défendu, lors d’un point de presse, animé, hier, à Alger. « Pourquoi nous traitent-ils d’agitateurs, alors que nous avons transmis une lettre au Chef du gouvernement au mois d’octobre, dans laquelle nos doléances ont été inscrites, et une audience demandée, qui est restée lettre morte ! Pourquoi ce mépris ?, » se demande, encore une fois, M. Meriane. Dans ce contexte, il dira que « si les syndicats autonomes ont mis 5 mois pour passer à la protestation, c’est parce qu’ils croyaient dur comme fer que les portes du dialogue allaient s’ouvrir ». Bien au contraire, poursuivra-t-il, le » combat est noble, malheureusement notre dernier recours à toutes ces entraves pour arracher nos droits socioprofessionnels est la protestation ! »
Le coordinateur rendant compte du suivie de la grève sur tout le territoire national, dira que le mouvement a été amorcé à 80%. Certaines wilayas, à savoir Mila, Oran, et M’Sila avoisinent les 100%. Et ce, dans tous les secteurs, l’éducation, tous paliers confondus, l’enseignement supérieur, la santé et l’administration.
A Alger, les résultats restent mitigés, notamment dans le secteur de l’éducation où des examens ont été prévus, une initiative que Meriane qualifie de » sabotage « . Concernant les syndicats de la santé, le Syndicat national des praticiens spécialistes de la santé publique(Snpssp), le Syndicat national des maîtres assistants en sciences médicales (Snaasm) et le Syndicat national algérien des psychologues (Snapsy), accusés d’illégalité par le ministère de tutelle, Meriane dira que » rien n’a été notifié aux destinataires. L’affaire a été jugée sans leurs avocats « . Et d’ajouter qu’ » ils ont eu connaissance de l’information via la presse. C’est grave ! « , se désole-t-il. Notons que le mouvement de protestation de trois jours, initié par la coordination, se poursuivra aujourd’hui et demain, même si, en son premier jour il a enregistré un timide suivi comparé à la grève du 15 janvier dernier.
Nabila Belbachir et Imène Farhi
