La flambée des prix de matériaux de construction ressentie

Tout comme tout ailleurs, la ville de Draâ El Mizan n’échappe pas à la flambée des prix de matériaux de construction. Si le prix du quintal de ciment avait atteint mille dinars, le fer rond à béton ne cesse lui aussi d’augmenter.

Devant cet état de fait, c’est une paralysie au niveau des chantiers. « Impossible de continuer. Je crois que d’ici quelques jours, tout le secteur du bâtiment sera paralysé », a déclaré un entrepreneur. Et d’ajouter : « C’est la faillite. On nous exige de ne pas dépasser le seuil de deux cents millions de centimes par unité, or avec la nouvelle flambée on ne peut faire face ». Les chantiers s’arrêtent l’un après l’autre. Dans une virée avant-hier chez un revendeur de matériaux de construction, nous avons relevé quelques prix. En une journée, le prix d’un quintal de fer à béton de diamètre 8 est passé de 7 100 dinars à 8000 dinars alors que celui de diamètre 14 de 7 100 dinars à 7 700 dinars. « La quantité servie par nos fournisseurs a été réduite de moitié. On nous sert au compte gouttes. Et c’est à prendre ou à laisser ; la demande est forte mais la quantité est insuffisante », nous a répondu le revendeur.

Les citoyens sont inquiets eux aussi par rapport à cette flambée. D’ailleurs, dès que la nouvelle de voir prochainement ce matériau atteindre le million de centimes, c’est le rush sur ce produit.

Mais, si les particuliers pouvaient se tenir quelque temps à l’écart, ce n’est pas le cas des entreprises car celles-ci ont des charges à régler, d’un côté, et puis il ne faut pas oublier qu’elles doivent respecter les délais de réalisation, faute de quoi elles paieront des pénalités de retard. « D’ici quelques jours, si le gouvernement ne prend pas des décisions, l’association nationale des entrepreneurs passera à des actions », nous a confié sous l’anonymat, un autre entrepreneur. Indubitablement, devant toutes ces pressions les demandeurs de logements devront prendre leur mal en patience, alors que le citoyen est laminé par l’érosion du pouvoir d’achat qui se dégrade de plus en plus en touchant même les produits de première nécessité telle l’huile qui a atteint le seuil des huit cents dinars le bidon de 5 l, pour ne citer que ce produit. Maintenant, son espoir d’avoir un toit en recourant aux programmes s’envole. Du côté des travailleurs saisonniers dans des chantiers, c’est déjà la panique. « De quoi sera fait notre avenir ? Notre patron va licencier tous les ouvriers. Ils n’ont rien d’autre à faire », nous a déclaré ce ferrailleur, père de cinq enfants.

A. O.