Les sourciers et puisatiers de retour

Profession : puisatiers et sourciers. Ils sont jeunes, dynamiques, intelligents et entreprenants.

Il viennent très souvent dans la circonscription de Maâtkas pour proposer leurs services au profit des familles qui désirent avoir leurs propres sources d’eau. Originaires de la petite Kabylie, ces prestataires de services, très sympathiques, ont beaucoup gagné en notoriété à travers l’ensemble des villages de la région de par l’efficacité avérée de leurs travail. En véritables professionnels, ces sourciers ne trouvent généralement aucun mal à détecter ce précieux liquide par des procédés pour le moins très curieux. Armés de simples petits bâtons, et par un tour magique de cet objet, ils arrivent à vous confirmer la présence de l’eau et sa profondeur à des centimètres près. Ces jeunes se contentent de la prise de contact avec leur future clientèle car il est évident que leurs chantiers ne s’entament que vers la mi-mai, et ce pour des raisons de prévention sécuritaire. Le creusement des puits durant le printemps est fortement déconseillé, voire interdit de par les imminents risques d’effondrement qui peuvent surgir. Il convient de rappeler que des dizaines de puits ont été déjà réalisés dans cette contrée sud de Tizi Ouzou, et ce nonobstant l’interdiction du forage sans l’autorisation préalable des services hydrauliques clairement signifié par les pouvoirs publics. Aussi, ce n’est certainement pas cette timide amélioration de la distribution d’eau dans les villages qui va inhiber cette volonté des ménages à avoir leurs propres sources d’eau, et ce pour des raisons économiques, surtout que les factures de l’Algérienne des Eaux (ADE) se « salissent » maintenant de plus en plus. « L’eau de mon puits est nettement meilleure que celle du robinet : j’en suis sûr, c’est une eau minérale et en plus elle est gratuite ! » arguera fort à propos un villageois d’Aït Ahmed. Sans commentaire…

Idir Lounès