La flambée des prix des matériaux menace le programme de logements

Les entreprises relevant du secteur du bâtiment, des travaux public et de l’hydraulique( BTPH) ainsi que celles adhérentes à l’Association générale des entrepreneurs algériens (Agea), sont confrontées, ces derniers mois, au phénomène de la hausse « vertigineuse » des prix des matériaux de construction.

D’ailleurs, ce problème « majeur » a constitué la principale préoccupation des entrepreneurs et demeure, selon le président de l’Agea, Mouloud Kheloufi, « une des principales revendications des actions de notre association ». « Marginalisées par l’absence de tout appui de l’Etat aux différents paliers liés à nos activités, entre autres, les recouvrements, l’ exclusion dans l’élaboration et la distribution des marchés, contraintes administrative, nous interpellons le Chef du gouvernement pour qu’il mette fin à cette crise », s’est exprimé M. Kheloufi, dans un communiqué dont nous avons reçu une copie.

Face à l’ampleur et au degré de ce problème, les entrepreneurs ont affiché, au plus haut point, leur inquiétude. « Cette entrave constitue une menace pour les différents programmes de logements de qualité, notamment, ceux en chantier », a-t-il signalé. S’ajoute à cela, la pénurie du ciment qui, dira-t-on, s’est installée sur le marché formel et même celui informel dans certaines villes de l’est du pays. Ce qui complique davantage, fera savoir, M. Kheloufi, la situation « du secteur du BTHP déjà en butte à d’innombrables problèmes », affirmant, toutefois, que « plusieurs opérateurs, qui sont déjà sur chantiers ont décidé de ne plus prendre de marchés à part ceux liés aux travaux d’aménagement qui ne consomment pas beaucoup de ciment ». Explicite, il dira que la cause de cet état de fait « est la hausse du prix du ciment et sa rareté dans certaines régions ». Les entrepreneurs, par le biais de l’Agea, ont revendiqué, entre autres, la révision des prix unitaires qui permettra à toutes les entreprises, a-t-on expliqué, de régulariser leur situation financière, révision des marchés par un décret, et du code des marchés. Ils ont, également, lancé un appel au ministère des Finances pour « faire apparaître les indices des prix unitaires 2006-2007 et de prendre des mesures d’allégement de la retenue de garantie préalable de 5% imposée à la situation de l’entrepreneur».

Nabila Belbachir