Il y avait des arboriculteurs, mais la présence de beaucoup de jeunes est certainement un indice de l’intérêt grandissant de toutes les catégories d’âge aux problèmes de l’agriculture de montagne. Dans un langage simple, à la portée de profane, la conférencière a essayé de sensibiliser les présents sur les différentes étapes de la création d’un verger. Elle s’est attardée sur des aspects de l’itinéraire technique dont le respect est capital : la préparation du sol, l’état des racines, la qualité du porte greffe, l’irrigation d’appoint pendant les premières années avant un sevrage graduel, la fumure. Elle dira qu’ »un plant c’est comme un enfant, il nécessite beaucoup de soins et d’attention tout au long de sa jeunesse avant de grandir et devenir autonome ». Une densité correcte de plantation est aussi soulignée : « Une densité trop élevée empêche la pénétration de la lumière, et les arbres réagissent en croissant exagérément en hauteur; la production est amoindrie et la récolte malaisée ». Il y a aussi une concurrence racinaire sur le terreau nourricier.
Un débat fécond a permis aux agriculteurs de poser des questions techniques qui ont permis à la conférencière d’éclairer les zones d’ombre. Il y a eu également des remarques sur l’efficacité des programmes qui ne semblent pas très adaptés à la zone montagneuse, selon les intéressés. Une deuxième communication sur les ennemis du cerisier a été donnée par Mme Amaghrous de la station régionale de la Protection des végétaux de Draâ Ben Khedda et M. Kaci de la DSA. Là aussi la salle fut comble malgré l’organisation au même moment d’un carnaval dans la rue. Les présents ont pu faire la connaissance du bupreste noir grâce aux images projetées par data show.
Des paysans ont pu poser des questions tirées de la réalité qu’ils vivent et portant sur les difficultés financières, la mobilisation de l’eau, la qualité parfois déplorable des plants, les démarches administratives bancaires… Le subdivisionnaire, M. Bouziane, a souhaité que les agriculteurs créent une association afin d’avoir un interlocuteur organisé qui puisse présenter au plus haut niveau des suggestions cohérentes et porteuses mais aussi servir de socle de légitimité aux propositions des services techniques locaux.
Les agriculteurs ont souhaité le soutien étatique à la lutte contre la capnode par voie chimique et ramassage des adultes. Un intervenant des services forestiers a aussi soulevé l’opportunité de la lutte biologique qui offre l’avantage de ne pas induire ces retombées nuisibles sur l’écosystème.
« La pullulation de ce ravageur trouve peut-être sa cause dans le déclin de ses prédateurs naturels qui sont certainement les oiseaux ».
Il y a donc du pain sur la planche des chercheurs mais aussi des décideurs au plus haut niveau si l’on veut que le cerisier soit sauvegardé et développé.
M. Amarouche
