Les massacres du 22 mai 45 célébrés

Partager

Membre de l’APC de Melbou puis membre de l’APW de Béjaïa, B. Djenane, enseignante de son état et militante active du mouvement associatif avait sensibilisé tous les volontaires et les associations des communes voisines pour célébrer le 63e anniversaire des massacres qui se sont produits le 22 mai 1945 dans la plaine de Melbou juste après ceux de Guelma, Sétif et Kherrata.

On devrait célébrer toutes les dates de mai car ce qu’il faut savoir, c’est qu’après la répression aveugle qui s’abattit sur la population faisant 45 000 morts, il y a eu quelques jours plus tard, soit le 22 du même mois un épisode très important pour la région. Les autorités coloniales avaient rassemblé ce jour-là tous les habitants valides des communes mixtes d’Oued Marsa, Takitount et Bougaâ, c’est-à-dire de la chaîne des Babors à l’oued Soummam en passant par Ziama Mansouriah, dans la plaine de l’actuelle Melbou pour les humilier et en exécuter quelques-uns. Avant d’en arriver à cela, les autorités coloniales avaient commencé par exhiber leur arsenal militaire pour démontrer la grandeur militaire de la France et imposer ainsi l’Algérie française. Dès l’aube, la plage de Melbou fut remplie d’une troupe estimée à 40 000 personnes alignées face à la mer pour voir les bâtiments de guerre français, les avions bombardiers et tout ce qu’il fallait présenter pour impressionner les présents et écouter par la suite les principaux chefs militaires et le préfet de Constantine discourir dans l’intérêt de l’Algérie française et exiger des personnes présentes d’insulter Ferhat Abbas.

Ces tragiques évènements, qui avaient laissé des séquelles à Melbou et ses environs, avaient donc incité la Maison de jeunes de Melbou, l’association pour le tourisme et l’environnement de Melbou, l’Association du 8-Mai 45 et l’Association Aokas-Mémoires, sous la coordination de Melle Djenane, à organiser un festival commémoratif qui avait vu beaucoup de témoins des évènements prendre la parole à la salle des conférences de la Maison de jeunes pour informer les jeunes présents en masse de ce qui s’était réellement passé ce jour-là. Dans une ambiance musicale et festive, des cadeaux symboliques ont été remis aux moudjahidine et moudjahidate en plus de la collation qui leur a été offerte.

Ce qui est par contre à déplorer, c’est la fermeture du cimetière des martyrs alors qu’une forte délégation s’y était rendue dans la matinée pour y déposer une gerbe de fleurs.

Cette dernière a été déposée à même le portail d’entrée par les présents avant de se rendre, à pied, à la Maison de jeunes de la localité, accompagnés d’une troupe musicale (Idhebalen). “Le P/APC avait été informé et invité à cette cérémonie mais il avait tenu à fermer le cimetière tout en refusant d’assister. En plus, il avait chargé son secrétaire général de nous demander d’annuler cette manifestation”, avaient déclaré l’initiatrice de cette manifestation et la responsable de la Maison de jeunes.

Pourquoi refuser la célébration de cette date historique alors que selon des témoignages nous informant du déroulement douloureux de cette tragédie qui endeuilla le peuple algérien, il est rapporté que le regretté grand héros de la guerre de Libération, Mustapha Benboulaïd, en guise de méditation à ces glorieux évènements et à la mémoire des gens tombés au champ d’honneur, observait chaque année et aux mêmes moments, un jeûn rituel plein de symboles et de souvenirs? Le devoir de mémoire impose aux vivants de ne pas oublier les morts.

A. Gana

Partager