La Dépêche de Kabylie : La saison vient de se terminer et c’est l’heure des bilans. Comment évaluez-vous le vôtre en tant que ligue ?
Saïd Bouakil : Effectivement, c’est l’heure des bilans et c’est le moment d’évaluer le parcours 2007/2008, d’autant plus que les deux assemblées générales, ordinaire et élective, ainsi que la fin du cycle olympique approchent à grand pas. Nous sommes tenus de nous préparer en conséquence et d’établir le bilan de cette saison et celui qui concerne notre actuel mandat afin de rendre compte de tout ce que nous avons accompli. En tout cas, nous attendons les instructions pour préparer ces deux assemblées. Pour revenir au bilan de cette saison, je dois vous dire que je le juge positif sur tous les plans malgré les problèmes, minimes devrais-je dire, que nous avons rencontrés tout au long de cette édition. En tout cas, je suis pleinement satisfait et des résultats et de notre parcours que ce soit pour la gestion de la compétition, la gestion des affaires inhérentes à la ligue que pour les opérations inscrites dans notre programme. Je tiens à féliciter tous mes collaborateurs pour la réussite des actions qui ont été inscrites et menées avec brio grâce au concours de tous les acteurs.
C’est quasiment la fin de votre mandat, comment le trouvez-vous globalement ?
Si je fais une rétrospective des années qui se sont succédé durant ce mandat, je pense que les membres de la ligue n’auront pas à en rougir. Nous avons réussi à surmonter toutes les difficultés que nous avions rencontrées de sorte que nous avons pu redonner à la ligue une certaine respectabilité et une aura qu’elle n’avait pas eues auparavant. Nous avons pu ainsi réussir à promouvoir et à développer le football au niveau de la wilaya. A ce sujet, le domaine de la formation et de la gestion des compétitions a été privilégié et, pour la ligue, cela est un acquis qu’il faudra consolider quand bien même notre chemin s’arrête en juillet. Il faudra poursuivre sur la même voie quel que soit celui à qui incombera la tâche de représenter la ligue de football.
A vous entendre on a l’impression que vous n’êtes pas très enclin à vous représenter aux prochaines élections de l’AGE ?
(Hésitation). Sincèrement, je commence à être fatigué. Car, après deux mandats durant lesquels j’ai connu des hauts et de bas, je ressens une certaine lassitude due à l’incompréhension de certains dirigeants qui ne veulent pas comprendre que la pratique du football à l’échelle de la wilaya demande des moyens. Or, nos localités n’en ont pas. D’un autre côté, il y a des choses qui m’encouragent et me poussent à aller de l’avant. Il y a d’abord cet engouement de mes collaborateurs avec lesquels j’ai partagé des moments riches en enseignement. Il y a également ce climat de confiance et de bonne entente que nous avons pu instaurer depuis des années. Entre nous, il y a une véritable cohésion et une symbiose qui font que la ligue fonctionne dans de bonnes conditions et qui m’empêchent de « déposer les armes ».
Dans le cas où vous vous représenteriez, y aura-t-il du nouveau pour la saison 2008/2009 ?
Oui, je suis très ambitieux et mon expérience m’encourage à voir très loin et très grand concernant la promotion de la discipline au niveau de la wilaya. Cette saison, j’ai eu à gérer les écoles de football, 16 au total. Ce qui me donne de nouvelles idées sur leur devenir et surtout sur la vulgarisation des écoles de football. Nous avons fait trois challenges et cela a été une réussite. Mon objectif est de faire en sorte que l’ensemble des communes de la wilaya, même dans les contrées les plus lointaines, ait des associations qui pratiquent le football. A titre d’exemple, des localités comme Saharidj et Bouderbala, pour ne citer que celles-là, où la pratique footballistique sommeille, j’ai tout un programme pour la redynamisation du football.
Avez-vous les moyens de cette ambition?
Oui. Je profite d’ailleurs de cette occasion que vous m’offrez pour rendre hommage au président de l’APW qui est un ancien footballeur et un ancien dirigeant.
Celui-ci est disposé à nous aider. J’ai eu l’occasion de m’entretenir avec lui à deux reprises et il m’a encouragé à persévérer et à travailler dans ce sens pour faire sortir Bouira de l’anonymat. Vous n’êtes pas sans savoir que Bouira, dans le domaine sportif en général et le football en particulier, est tombé très bas. Mis à part le club de l’E Sour El Ghozlane qui relève un tant soit peu la tête, les autres clubs végètent dans les Régionales depuis de très longues années.
Pourtant, Bouira a les moyens humains qui lui permettent d’aller chercher une place honorable en football dans les Divisions supérieures. J’ai le soutien du président de l’Assemblée populaire de wilaya, ainsi un certain standing. Pour moi, c’est un parcours positif que j’aimerais poursuivre pour peu que j’obtienne le soutien de tous les acteurs du football. Nous pouvons encore améliorer la situation de notre discipline.
Un dernier mot pour clore cet entretien ?
Je ne veux pas être ingrat. Je terminerai cet entretien par rendre un grand hommage aux anciens dirigeants de la ligue de football de Bouira qui ne sont plus de ce monde. je citerai entre autres le président de la ligue Tidjani Hamidouche, le trésorier de la ligue et secrétaire général de la ligue, Ahmed Aguini, le docteur Messaoud Sedkaoui, qui ont contribué à faire de cette instance sportive un modèle de sérieux. Je n’oublierai pas les autres dirigeants encore vivants et qui se reconnaîtront.
Les uns et les autres sont parmi les bâtisseurs de cette ligue. J’espère enfin avoir au moins, un de nos clubs évoluer à un stade supérieur. Ce sera notre bonheur que de voir l’ESG, le MBB, le MCB, le HCAB pour ne citer que ceux-là parmi l’élite.
Entretien réalisé par B. Mechoub
