Des avantages alléchants et des contraintes difficiles à lever

Partager

Pour mieux faire connaître les avantages dont elle peut faire bénéficier les chômeurs, âgés de 25 à 50 ans, désireux de créer leur propre entreprise, la Caisse nationale d’assurance chômage (CNAC), à travers ses différentes agences, lance une opération portes ouvertes du 25 au 29 juin. Cette opération permettra en effet aux responsables de la CNAC, grâce principalement aux discussions directes qu’ils auront avec les concernés, et aussi aux brochures et autres dépliants qu’ils distribuent gratuitement, de mieux sensibiliser la catégorie ciblée de chômeurs sur l’aide et le soutien aussi bien financier que matériel qu’ils pourront lui apporter pour la création de leur propre activité. A lire les documents diffusés par la CNAC lors de ces portes ouvertes, les avantages offerts aux chômeurs sont si alléchants que plus d’un travailleur, ayant entre 35 et 50 ans souhaiterait se retrouver au chômage pour pouvoir en bénéficier, le montant du crédit : alloué peut aller jusqu’à 5 millions de dinars, avec seulement 5% d’apport personnel quant celui-ci est inférieur ou égal à 2 millions de dinars et pas plus de 10%. Dans les autres cas, des prêts de 20 à 25% du montant de l’investissement sans intérêts, des crédits bancaires à taux réduit pour le reste du montant de l’opération et plein d’avantages fiscaux. En plus des conseils de spécialistes au démarrage du projet, il est même prévu une formation technique et professionnelle au profit de l’intéressé en cas de besoin.A signaler cependant que tout ne baigne pas pas dans l’huile, puisque ce dispositif, si attirant proposé aux chômeurs, comporte des contraintes pas faciles à lever. La première est relative à l’ancienneté dans le chômage. En effet, pour pouvoir prétendre au bénéfice des avantages du dispositif de la CNAC, il faut avoir une ancienneté de 6 mois en tant que chômeur, autrement dit si un chômeur se présente ce jour à la CNAC on lui dira de s’inscrire d’abord à Agence nationale pour l’emploi (ANEM) ex-bureau de main-d’œuvre et de revenir dans 6 mois. Et si entre temps le chômeur trouve un emploi pour subvenir aux besoins de ses enfants, tout tombe à l’eau.La deuxième contrainte concerne les crédits bancaires. Bien que ces derniers soient garantis par la CNAC, les banquiers, bien qu’ils soient membres de toutes les commission d’octroi des crédits aux chômeurs, trouvent presque toujours, au moment de passer à l’acte, le moyen de rechigner pour ne pas mettre la main au tiroir-caisse. Ils exigent des candidats aux crédits, des “chômeurs depuis 6 mois” des garanties (hypothèques) qu’ils ne peuvent leur présenter.Concernant la wilaya de Bgayet où les responsables de la caisse ne ménagent aucun effort pour conseiller utilement les chômeurs candidats à la création d’entreprise, il a été enregistré depuis la date de la création de l’agence, c’est-à-dire de décembre 2004 à ce jour, 1844 demandes de crédit, dont 105 sont présentés par des femmes. Le nombre d’attestations d’éligibilité délivrées est de 134. Enfin sur 76 dossiers finalisés déposés à la banque, 19 sont déjà acceptés et les crédits seront incessamment accordés. Ce qui est de l’avis même des dirigeants de la CNAC, dont la principale préoccupation demeure la vulgarisation du produit CNAC.

B. Mouhoub

Partager