Au moment où le marché du fourrage s’emballe, celui du bétail s’effondre. La chute des cours varie de 30 à 50%. Le mouton qui était cédé il y a un mois de cela à 25 000 dinars, se négocie entre 12 000 et
15 000 DA, une brebis qui valait 20 000 DA, décroche sous le seuil des 10 000 DA. Des éleveurs rencontrés au marché hebdomadaire de Tazmalt sont, à l’évidence, tombés des nues de devoir se résoudre à céder leurs bêtes contre des clopinettes.
Mehdi, éleveur dans la région, résume la tourmente qui l’habite par cette sentence sans appel : « Nos espoirs sont anéantis ». Possédant un troupeau d’ovins, Mohand s’est vu contraint d’en bazarder la moitié après avoir acquis la certitude que la reprise des cours du marché est illusoire : « J’ai décidé de revendre même à bas prix pour pouvoir au moins rembourser le crédit contracté auprès d’un ami », nous explique-t-il désabusé. Les éleveurs sont en fait, confrontés à un sérieux dilemme : se délester de leurs bêtes à prix sacrifié ou continuer à les entretenir à prix d’or. Dans les deux cas, le manque à gagner est inéluctable. « Avec un quintal de son à 4500 dinars, un quintal d’orge à 3500 dinars, une botte de foin à 450 DA et une botte de paille à plus de 200 DA, l’éleveur fonce tout droit dans le mur », analyse un éleveur fraîchement reconverti dans la filière.
N. Maouche
