Ils viennent de faire les frais d’une décision aussi arbitraire qu’inique de leur P-DG qui les a faits licencier sans aucune forme de procès. Tout a commencé le jour où les travailleurs de cette unité ont décidé de faire grève pour une histoire de quinze jours de retard dans le paiement de leur salaire. Selon les dires des cinq licenciés, le responsable syndical de cette unité aurait profité du mouvement de grève pour demander ni plus ni moins le départ du directeur général de l’unité ainsi que de tout son staff qui se compose de son assistant, des chefs de services de la maintenance, de la production et du personnel ainsi que du responsable du bureau d’études techniques. A partir de ce jour-là le torchon n’a pas fini de brûler entre l’équipe dirigeante de l’unité et le secrétaire général de la section syndicale. Les deux parties viennent de se déclarer la guerre. D’après les cinq cadres, et pour noyer le poisson, ce qui était réellement recherché par cette manœuvre ce n’est que le départ de quelques éléments seulement de ce staff, qui en savaient long sur certaines ventes louches dans lesquelles la briqueterie s’est faite arnaquer. Le 16 avril 2005, lors de la réunion trimestrielle qui s’est tenue au sein de l’unité avec le P-DG du groupe EPRC, les cinq cadres, connaissant son tempérament belliqueux, ont dénié au secrétaire général de la section syndicale le droit d’assister à la réunion du fait qu’il était en congé et qu’il était déjà représenté à cette réunion par ses deux intérimaires. En effet, l’un le représentait dans le cadre syndical, l’autre en sa qualité de chef de service commercial. Pour ces cadres, sa présence n’était donc pas fortuite. Ils ont senti que quelque chose se tramait, qu’il y avait de l’éléctricité dans l’air. Le P-DG du groupe, en acceptant sa présence, a pris le parti du secrétaire général de la section syndicale et a dit aux contestataires qu’ils pouvaient quitter la salle s’ils le désiraient. Ce que firent ensemble les cinq cadres en croyant que les choses allaient en rester là. A leur grande surprise, dès le lendemain, une première sanction d’une mise à pied de cinq jours leur a été infligée. Voulant comprendre le pourquoi d’une telle sanction, les cinq cadres ont demandé audience au P-DG du groupe. Ce dernier, non seulement ne leur accorda aucune chance de s’expliquer en refusant de les recevoir, mais a, en plus demandé au directeur de l’unité de les traduire devant le conseil de discipline pour prononcer leur licenciement. Saisi à trois reprises par le directeur général de l’unité, le président du conseil de discipline, ne pouvant leurs faire grief d’avoir quitté la salle de réunion, qui de surcroît leur a été permis par le P-DG lui-même, a toujours refusé de traduire ces cadres devant le conseil pour la simple raison qu’il n’y a aucun motif valable pour le faire. Pour ne pas cautionner l’arbitraire, pour protester contre le harcèlement dont il fait l’objet et ne voulant pas porter le chapeau d’une bévue administrative, le président du conseil de discipline a fini par démissionner de cette instance. L’affaire s’est ainsi trouvée dans l’impasse. Excédé et n’ayant pas réussi à faire limoger les cinq cadres par la voie légale, le P-DG de groupe a précipité les choses en demandant au directeur général de l’unité, qui s’exécutât, de licencier purement et simplement par simple décision administrative et sans aucune forme d’indemnité, ces éléments qu’il a jugés comme étant des fauteurs de troubles. Cette décision leur a été notifiée le 21 juin dernier. Ils disent ne rien comprendre à l’attitude de leur P-DG, qui sait pourtant que c’est grâce à eux que cette unité a été sauvée en 2004 de la faillite. Ces cadres, jugeant leur licenciement abusif et se sentant victimes de l’arbitraire, on porté l’affaire devant l’inspecteur du travail territorialement compétent de Lakhdaria avant d’aller faire valoir leurs droits devant les tribunaux.
Ahmed Chibani
