Il était, quelque part, écrit que Tizi Ouzou allait vivre l’une de ses plus folles nuits ramadhanesques. La venue de l’artiste adulé par les jeunes, Allaoua en l’occurrence, semblait être l’occasion espérée par tous les Tiziouzéens. Pour briser le joug de la monotonie et le calvaire vécu au quotidien, avant-hier, il y avait une ambiance particulière. Les artères de la ville des Genêts étaient gagnées par un mouvement inhabituel dès les premières heures de l’après-midi, une dynamique qui prenait une courbe ascendante à mesure que les minutes s’égrenaient.
Juste après la rupture du jeune, la maison de la culture Mouloud-Mammeri de Tizi Ouzou est prise d’assaut par des centaines de citoyens à la recherche d’un moment de plaisir.
A 20 h la salle était déjà pleine !
Le spectacle de Mohamed Allaoua est prévu à 21h mais une bonne heure avant ce rendez-vous soit à 20 h, la salle de spectacle de la Maison de la culture était déjà pleine à craquer.
La grand-rue grouillait de monde et toutes les allées y menant sont bloquées, la circulation est dense et la pression monte d’un cran. Nous arrivons devant le portail d’entrée, il est presque impossible de se frayer un chemin. Muni d’un ordre de mission, nous avons eu toutes les peines du monde entrer à l’intérieur de la salle tant la foule était nombreuse, des bousculades, des cris… bref. Le service d’ordre de la Maison de la culture épaulé par les éléments de la sûreté a éprouvé beaucoup de peine à maitriser la situation, devant une telle pression et le nombre impressionnant des fans venus à la rencontre de l’étoile montante de la chanson kabylie “je rends un vibrant hommage au service d’ordre et aux éléments de la police qui ont fait un travail remarquable” dira le directeur de la culture de Tizi Ouzou. Allaoua se produira une heure plus tard à guichets fermés.
Les tickets à 1 000 DA au marché… noir !
Comme à l’accoutumée, le marché noir a été particulièrement animé face à la très forte demande de tickets, les prix s’envolaent pour atteindre les 1 000 DA “ce n’est pas chèrement payé” affirme une jeune fille qui venait de s’offrir juste une place. Nous avons pu, malgré toutes les difficultés, rejoindre la salle de spectacle, il était, “naturellement” impossible de dénicher une place disponible. 21 h passée de dix minutes, Nordine Debiane, ouvre le bal et se charge d’emballer la salle avec des chansons de fête. Le public s’impatiente déjà et demande la star du jour. Allaoua, fera son entrée et la salle plongera dans un délire indescriptible. Le public se lève comme un seul homme pour saluer celui qui s’affirme à présent comme le digne hériter de la chanson kabyle ancienne. D’entrée, Mohamed Allaoua entonnera les meilleures chansons de son dernier album qui a fait un tabac. Il entamera son secteur par une Dlala, une chanson composée avec Touré. Le public s’est vite adapté et a merveilleusement adopté l’enfant prodigue de la chanson kabyle. Une ambiance électrique, magnifique se crée, Allaoua prenait du plaisir, vraisemblablement, sur scène et le public n’en demandait pas plus. Assed Arghuri, le tube de l’été plongera la salle dans une majestueuse communion entre le public et son artiste. Allaoua avait les larmes aux yeux, il s’arrête un moment, le public enchaînera et prendra le relais…
Finalement même ceux qui ont acquis leur ticket d’entrée au marché noir ne regretteront jamais de l’avoir fait, tant le spectacle s’est avéré une totale réussite. Durant plus de trois heures, Allaoua interprétera, à la demande du public, ses meilleures chansons, Tamghartim, Baba Chikh, Lynda, Ahebou… Des titres qui feront vibrer le nombreux public constitué en majorité par les familles. Après donc plus de deux heures d’un spectacle magistral, Allaoua se retirera sous les airs de son nouvel album Assed, le public en redemandait mais il était déjà minuit, l’artiste aura quelques heures seulement de repos avant d’enflammer une seconde fois la scène de la salle de spectacle de la Maison de la culture pour une soirée qui ne peut être que grandiose.
A l’affiche, il y aura une autre voix montante Brahim Medani, qui ne manquera pas, lui aussi, de faire exploser la salle.
A. Z.
