« Exusez-moi monsieur le directeur! Bouteflika a dit « 3000DA! », et vous ne me donnez que 2000,00DA! Non, je ne signe pas… Je vais d’ailleurs téléphoner… » Telles furent les paroles proférées par le premier parent d’élève dans le bureau du directeur d’une école primaire rurale aux environs d’Ain Bessem, au moment où le directeur s’apprêtait à lui donner les 2000 DA, après avoir pris son affiliation… Le deuxième parent assistant à la scène a, quant à lui, encaissé la prime mais s’est insurgé contre le directeur quand ce dernier lui a demandé de payer 300 DA:le prix de deux titres (livres d’activités) pour sa fille qui est en 3ème AM. Il dira alors : « Normalement, les livres sont donnés gratuitement ! En ville, ils ne payent rien ! Si vous avez une circulaire, je sais lire ! Ils quittèrent tous les deux le bureau en murmurant, une manière de signifier au directeur leurs mécontentements… Aussitôt ! Un troisième parent entra, sourire aux lèvres, il salua le directeur, signa sans histoires, encaissa la prime, monta dans sa belle 405 et quitta l’école… Le directeur alors déclarera : « Celui-là, c’est un riche fellah, il n’a pas le temps de discuter, vous savez quand il s’agit d’argent, tous les parents deviennent lettrés. Ils vous parlent de leurs enfants comme s’il s’agit des pupilles de l’Etat à qui la responsabilité incombe… Présents, le temps de toucher la prime ensuite ils s’éclipsent pendant toute l’année scolaire… » A côté de ce feuilleton des 2000 / 3000 DA qui ne fait que commencer, s’ajoute une autre tâche aussi difficile et ennuyeuse, qui est celle de la vente des livres… Deux besognes qui donnent forcément le tournis au directeur en plus de sa mission habituelle qui est son rôle pédagogique, administratif et éducatif… Les cadres du ministère de l’Education qui se voient parfois insultés voire menacés à l’intérieur même de leurs établissements ne méritent-ils pas une prime?
K. Ladjal
