Cette nouvelle a été chaleureusement accueillie par les parents. « Au niveau de toute la daïra de Draâ El Mizan », ce fut au niveau de ce collège que tamazight a été introduite dès la rentrée scolaire 1995/1996. « J’avais enseigné les lundis et les jeudis, pendant que j’assurais l’enseignement de cette langue parallèlement au lycée Hamdani Said de Draâ El Mizan », nous a confié l’un des pionniers de langue de Massinissa. Effectivement, au niveau de ce CEM, tamazight a été enseignée durant presqu’une dizaine d’années. Le déplacement des enseignants vers un établissement de Draâ El Mizan en l’occurrence le CEM frères Harchaoui où cette langue est suivie par tous les élèves depuis 1996 a pénalisé les petits tafoughaltais.
Finalement, pour l’année scolaire en cours, les quatre classes de première année moyenne ont leur enseignante. « J’ai toujours souhaité apprendre et lire notre langue. Cette opportunité m’a été donnée. Je vais exceller dans son apprentissage tous comme mes frères et mes sœurs qui l’ont apprise », nous a dit cet enfant qui n’était pas encore né quand les élèves avaient boycotté l’année scolaire 1994 jusqu’à son introduction dans le système éducatif. Néanmoins, comme le dit clairement l’adage, « une hirondelle ne fait pas le printemps ». En d’autres termes, il faudra encore beaucoup de temps et sacrifices pour que tamazight devienne tout comme sa consœur la langue arabe pour laquelle les moyens humains ont été mis à sa disposition au lendemain de sa généralisation dans le secteur éducatif. Treize ans après son introduction à l’école, le nombre d’enseignants se compte encore sur les doigts des deux mains. Où se situe le blocage ? Pourtant en 2003 la langue tamazight a été constitutionnalisée comme deuxième langue du pays dans l’article 3 bis de la loi fondamentale algérienne ?
Amar Ouramdane
