L’Etat doit nous venir en aide

Partager

La Dépêche de Kabylie : Tout d’abord, présentez-nous votre commune

Salah Djahnine : Créée en 1984, à vocation agricole et touristique, la commune de Boukhelifa s’étale sur une superficie de 118 km2 pour 8 400 habitants.

Elle est constituée de 94 villages et hameaux accrochés, dans leur majorité, à un relief très accidenté et 8 kilomètres de bande du littoral.

En plus d’avoir enfanté le père à Zizou, votre commune a la particularité de compter en son sein le plus ancien des maires.

Effectivement, j’ai tout le temps été élu à l’APC de Boukhelifa depuis son existence et j’ai été P/APC depuis 1985 à ce jour y compris comme président de la DEC, hormis la période du demi mandat écoulé où je n’était que membre.

Durant ce nouveau mandat, qu’avez-vous fait et que comptez-vous faire ?

Depuis le début de l’année, nous avons commencé par relancer les projets qui rentrent dans le cadre des PSD et qui étaient en instance tels que les pistes par exemple ou encore de nouveaux projets pour le développement rural intégré tels que les aménagements urbains qui toucheront

deux autres sites, Talandjast et cité Dehas, après celui de Taguemount.

La liste est longue mais nous pouvons dire que le problème du réseau d’AEP ainsi que

le renforcement de certaines localités en eau potable à partir de sources naturelles et le goudronnage et même le bétonnage de routes et pistes sera réglé avant la fin de notre mandat.

Nous comprenons par là que l’eau et les routes sont vos priorités…

Ce sont les deux priorités de notre assemblée et nous comptons aussi améliorer le secteur de l’enseignement et celui de la santé. Nous avons demandé à ce qu’il y ait l’implantation d’un CEM dans notre commune et pour la santé, améliorer les unités de soins existantes et en construire d’autres car nos villages sont éloignés les uns des autres et bien entendu les doter de matériel nécessaire et de personnel médical et paramédical.

Pouvez-vous réellement concrétiser les projets que vous pensez réaliser ?

Absolument. Mais avec l’aide des autorités.

D’ailleurs, c’est pour ça que nous avons demandé à ce qu’ils soient en majorité financés dans le cadre sectoriel ou PSD car nécessitant des enveloppes très importantes. Nous ne pouvons pas avec les trois milliards dont bénéficie notre commune dans le cadre des PCD régler tous les problèmes. Nous avons réparti équitablement cette enveloppe sur les différents petits projets.

Il ne faut pas oublier aussi que notre commune est déficitaire et sans ressources malgré sa vocation touristique. Elle est subventionnée par un budget d’équilibre tellement elle est pauvre.

Le wali vous a rendu visite dernièrement !

En effet, il était venu avec le président de l’APW et nous avions profité pour leur exposer quelques doléances que nous considérons comme des urgences.

Ils ont été attentifs et le wali nous a promis de nous aider et même de nous autoriser à rouvrir l’abattoir communal pour éviter déjà une épidémie quelconque qui pourrait survenir suite à l’abattage anarchique fait parfois dans les maisons. Par ailleurs, parmi nos demandes, nous l’avions sollicité pour venir en aide aux agriculteurs après les incendies qui avaient ravagé leurs arbres et procéder aussi à la réparation des routes endommagées par les intempéries.

Pour ces dernières, nous avions présenté des fiches techniques pour des travaux évalués à quelque 8 milliards de centimes.

Concernant les locaux commerciaux destinés aux jeunes, il se dit qu’une dizaine nouvellement construite sera démolie.

Moi, je n’ai fait qu’hériter de ce problème. Il y a eu réalisation d’une première tranche de 20 locaux et il se trouve qu’une dizaine a été construite au dessous d’une ligne électrique de haute tension. C’est la raison pour laquelle ces 10 locaux doivent être détruits. Toutefois, nous avons un autre quota d’une dizaine mais nous sommes confrontés au problème de terrain.

Pour terminer, passons du coq à l’âne. Zinedine Zidane aide-t-il sa commune d’origine ?

Pour la présente année scolaire, il a envoyé un quota de vêtements neufs à tous les écoliers de la commune qui ont été distribués par les directeurs d’école et quelques livres à deux écoles qui l’ont certainement sollicité. Je suis convaincu qu’il continuera à le faire et nous sommes très fiers de lui. Il a fait sortir Boukhelifa de l’anonymat.

Interview réalisée par A. Gana

Partager