Ces routes de la mort…

Les automobilistes de passage, peu habitués au dénivelé et à la configuration du terrain, sont par ailleurs les plus exposés. Les accidents de la circulation qui y surviennent sont si nombreux qu’ils ne font plus l’objet de discussion. Le fait est en réalité devenu banal.

Ils pourraient, pourtant, être réduits si certaines dispositions étaient prises pour protéger les endroits les plus dangereux. L’accident qui a eu lieu il y a quelques jours, sur la route d’Aït Saâda, a failli avoir des conséquences dramatiques.

Le jeune conducteur d’un fourgon qui aurait perdu le contrôle de son véhicule, s’est retrouvé, dans un ravin à plusieurs dizaines de mètres de la route. Transféré dans le coma, au CHU de Tizi Ouzou, il s’en tirera, fort heureusement, avec quelques jours d’hospitalisation et de multiples contusions.

Si dans les régions des plaines les accidents sont étroitement liés à la vitesse et à la vétusté des véhicules, en montagne, la vitesse ne tue presque jamais.

C’est surtout le mauvais état des routes par ailleurs sinueuses et exiguës qui sont à l’origine de beaucoup de drames. Les services des travaux publics ont fait un pas, ces derniers temps, en veillant à la signalisation horizontale (marques sur la chaussée) et verticale (panneaux).

Cependant, le problème majeur se trouve ailleurs. Si, dans l’immédiat, on ne peut ni élargir les routes ni supprimer les virages, on pourrait au moins en atténuer le danger. Lorsqu’un conducteur perd le contrôle de son véhicule, pour une raison quelconque, aucun obstacle ne peut arrêter sa course. Il est immédiatement mis en danger de mort. Même les arbres qui bordaient les routes, il fut un temps, ont disparu.

La plupart des murets construits durant la colonisation se sont effondrés avec le temps et ne sont pas remplacés alors que nos chemins en exigent d’autres.

Les glissières de sécurité devant longer les routes de montagnes sur toute leur longueur pourraient éviter aux usagers des décès ou des handicaps à vie. Les collisions, même frontales, ne provoquent que des dégâts matériels. Signe que la vitesse ne peut être incriminée, que dans une faible proportion. Il ne se passe pas une semaine où le service des urgences ne reçoit des automobilistes dont les véhicules ont quitté la chaussée. Notons qu’en dehors des agglomérations, l’éclairage public n’a jamais retenu l’attention alors que le nombre d’accidents qui surviennent de nuit est loin d’être négligeable.

A. O. T.