C’est vrai que nous avons été obligé d’ouvrir très tôt et de commencer à traiter les premières olives tombées à cause de l’effet des vents ou simplement qui n’arriveront pas à maturité”, nous explique Ahmed, le gérant d’une huilerie, lequel ajoute qu’auparavant ce premier ramassage était trituré par les femmes à la maison mais comme les temps ont changé cette pratique a totalement disparu.
Au demeurant, cette précipitation des villageois vers les huileries s’expliquerait surtout par le fait de leur besoin pressant de cette précieuse denrée, indispensable et coûteuse d’autant plus que la saison passée a été très mauvaise.
“L’année dernière je n’ai pu avoir qu’une dizaine de litres alors que mes récoltes, bon an, mal an, arrivaient à plafonner à trois cents litres, ce qui me mettait non seulement à l’abri du besoin mais j’arrivais même à écouler quelques hectolitres, mais pour la première fois j’ai dû en acheter à quatre cent dinars le litre, j’ai vraiment ressenti le coup et c’est pour cela que toute la famille s’est mise au travail à ramasser le moindre fruit”, nous déclare tout heureux aâmi Slimane qui vient de récupérer sa nouvelle huile qu’il nous fait goûter.
Par ailleurs, comme la récolte oléicole s’annonce très bonne à M’kira, les oléicoles n’hésitent pas à prendre un rendez-vous déjà auprès des propriétaires des huileries. “Nous serons obligés de travailler avec deux équipes, si ce n’est avec une troisième pour pouvoir satisfaire nos clients qui auront toujours la peur au ventre de perdre leur récolte si la période de stockage perdure”, nous confie encore notre interlocuteur qui tient à traiter tous ses clients sur le même pied d’égalité.
A Tighilt-Oukerrouche, le jeune Hocine qui vient d’hériter du plus prestigieux et plus vieux moulin à huile de toute la localité est également fin prêt pour mettre en route les broyeurs mais surtout le pressoir hydraulique et la grande cheminée où trône l’immense chaudron. “Depuis l’apparition des huileries modernes, ces vieilles huileries ont été délaissées mais actuellement, les oléicoles connaisseurs et les consommateurs, recherchant la vraie qualité de l’huile, reviennent chez nous avec leur production car ils sont sûrs d’avoir l’huile dite “vierge” dont le goût n’a pas été altéré par la chaleur comme c’est le cas dans les huileries modernes”.
Essaid N’Aït Kaci
