Une localité… du désœuvrement !

C’est devenu un « lieu commun » que de dire que le chômage est un problème national persistant. Tant il est vrai, que d’Est en Ouest et du Nord au Sud, les communes de l’Algérie profonde étouffent sous le poids angoissant de gros contingents de chômeurs, en majorité jeunes et parfois qualifiés. La commune de Sidi Namane n’échappe pas à cette règle nationale, même qu’elle peut facilement figurer dans le peloton des communes les plus affectées. Depuis l’indépendance aucune infrastructure économique n’a vu le jour dans son territoire. Les deux seules unités implantées dans la commune-mère de Draâ Ben Khedda, ont absorbé pendant des années la demande locale mais la crise aidant, ces deux unités que sont l’usine textile de la Cotitex et l’unité Onalait, ont sous l’effet du surééffectif et du déficit financier, commencé à dégraisser par le biais du départ en retraite ou celui dit « volontaire ». Et entre grèves, arrêts techniques et attentes de privatisation, ces deux usines d’importance nationale s’avèrent peu rassurantes. A vocation agricole Sidi Naâmane pourrait a priori absorber tous ses enfants désœuvrées. Mais la décennie noire qui a ruiné les agriculteurs a eu pour conséquence l’abandon des champs pour cause d’insécurité, surtout en région montagneuse. A cela, s’ajoute le pillage de sable qui a fait tarir oued Sebaou et baisser la nappe rendant impossible l’irrigation de sa plaine. A tout malheur peut parfois se conjuguer un bienfait, le sable offrant des dizaines de revenus à des jeunes « panneurs ». Et ce n’est pas l’aide de l’Etat à l’agriculture caractérisée par sa parcimonie et sa bureaucratie qui fera revivre une plaine jadis si fertile et dont les produits, tous genres confondus, étaient célèbres dans toute la région centre. Le seul gisement d’emplois qui atténue présentement la crise est le secteur de la construction rurale qui absorbe une quantité importante de main-d’œuvre. Mais le programme tirant à sa fin, le problème du chômage va reprendre avec une intensité plus grande.

Bouammar Ahmed