Le retour de Ouyahia

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Sur le plan politique, rien à signaler hormis la révision constitutionnelle et la nomination d’Ahmed Ouyahia Chef du gouvernement en remplacement de Belkhadem appelé à d’autres fonctions. Ce changement à la tête du gouvernement ne doit rien au hasard et intervient à moins d’une année de l’élection présidentielle. Pour les observateurs de la scène politique, ce retour n’est pas un événement mais était attendu face au bilan mitigé de Belkhadem. Ainsi et avant sa nomination, Ouyahia a été deux fois l’envoyé spécial du président de la République à New Delhi et Tokyo, le signe d’un retour imminent à un poste qu’il a su maîtriser auparavant. Ce retour vient aussi pour donner un coup d’accélérateur aux différents départements ministériels pour faire face dans de meilleures conditions à la présidentielle d’avril 2009. Ouyahia puis Belkhadem puis Ouyahia puis Belkhadem et ensuite…Ouyahia. Un effet yoyo tout en sachant que le secrétaire général du RND partage beaucoup plus de points communs avec le SG du FLN qu’il ne diverge. Ce retour n’est pas dû à l’échecs enregistré par Belkhadem dans la gestion de la crise sociale et économique mais surtout pour des considérations dûment politiques. C’est le copier-coller de ce qui s’était passé en 2003 pour préparer le terrain à Bouteflika afin de briguer un deuxième mandat, idem pour 2005 pour la préparation du referendum portant sur la Charte pour la paix et la réconciliation nationale. Ainsi, les grandes décisions politiques ont un maître à bord qui excelle dans le domaine et reste l’homme à tout faire, l’homme par qui les grandes décisions politiques viennent. Ce retour en douce pour les observateurs de la scène politique algérienne s’inscrit dans un projet purement politique afin de préparer le terrain au président de la République à briguer un troisième mandat. Les choses étant ce qu’elles sont, le Premier ministre qui est aussi secrétaire général du RND soutient la présentation du président de la République aux prochaines élections,un soutien de taille quand on sait que le RND est la deuxième force politique du pays permettant au projet portant sur la révision constitutionnelle de passer comme une lettre à la poste pour des amendements et pas des moindres.

Hacène Merbouti

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