n Par Amar Naït Messaoud
La colère immédiate des gens de Ghardaïa avait trait à une mauvaise distribution des aides (tentes, alimentation,…) et s’est exprimée par des manifestations devant la wilaya. Mais les médias publics n’ont pas jugé utile de relayer cette colère légitime de gens qui ont tout perdu en l’espace de quelques heures. Le comble est qu’un élan de solidarité historique a été déployé en direction de ces populations. Toutes les régions voisines, dans un geste primesautier propre à la culture algérienne, ont envoyé des dons en nature (aliments, vêtements, lessive,…) à leurs concitoyens de Ghardaïa et d’autres agglomérations affectées.
Les pouvoirs publics, en la personne du ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, se sont engagés à prendre en charge le relogement des sinistrés. En toute vraisemblance, et à entendre les plaintes des concernés, les choses ne se sont pas déroulées avec la transparence et la célérité voulues. Comme ailleurs- Boumerdès, Aïn Defla, Chlef et d’autres lieux frappés par la colère de la nature et la mauvaise gestion de l’espace et du bâti-, l’assistance et l’intervention de l’État trouvent toujours une occasion d’être détournées.
Des BMS et des questions
Le fac-similé du bulletin météo spécial (BMS) reproduit par un quotidien national ne laisse aucun doute sur le travail régulier et honorable des services de la météo nationale. Comme en novembre 2003 pour le cas de Bab El Oued, le BMS NR 40 du mercredi 1er octobre à 21h 15’ annonçait des pluies sous forme d’averses orageuses qui devaient affecter à partir de la nuit la wilaya d’Illizi et le sud de la wilaya de Ouargla. Ce bulletin dont la validité s’étalait jusqu’au 2 octobre à 9 h du matin prévoyait 40 mm de pluie et plus ; ce qui, au Sahara, est considéré comme une quantité exceptionnelle d’autant plus qu’elle était concentrée dans un intervalle de vingt-quatre heures.
Les images rapportées par la télévision en ce deuxième jour de l’Aïd El Fitr frappent l’esprit et ne sont pas loin de nous rappeler des inondations dues à la mousson dans le sous-continent indien ou aux ouragans dans le golfe du Mexique. La paisible capitale du M’zab et quelques autres agglomération de la vieille Pentapole ont souffert le martyre. L’eau, la boue, les gravats transportés et les véhicules renversés donnent une image apocalyptique générée par quelques heures de pluie. Un bulletin météo n’a de valeur que lorsqu’il est pris en charge par les parties auxquelles il est destiné. Ces dernières sont censées prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les biens et les personnes. Cependant, comme il a été constaté à plusieurs endroits du territoire nationale à l’occasion d’événements similaires, même si de telles mesures étaient prises, elles sont grevées par le caractère de l’urgence et de la précipitation. Il est établi, depuis que les sociétés humaine sont organisées en foyers et communautés, que le meilleur moyen de guérir c’est de prévenir. En Algérie, c’est toute la politique de prévention qu’il y a lieu de réviser. Pour le cas spécifique des inondations et éboulements, les volets de la protection de l’environnement, de l’urbanisme et de l’aménagement du territoire sont indubitablement les plus sollicités pour prévenir de telles catastrophes ou, au moins, en atténuer fortement les effets.
Au début de l’année 2008, le ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, Yazid Zerhouni, a annoncé, au cours d’une visite à l’Université d’Oran, que la carte des risques majeurs et des catastrophes naturelles serait actualisée pendant l’année en cours. Cette carte fera connaître les zones du territoire national potentiellement exposées à ce genre de risques en en définissant la nature exacte et permettra, par conséquent, une meilleure efficacité dans la stratégie d’intervention et une meilleure prise en charge des conséquences qui découlent de tels phénomènes. Mieux encore, la carte des risques majeurs et des catastrophes naturelles aidera les décideurs dans l’établissement d’un schéma de prévention avant que l’événement survienne. À ce titre, le ministre de l’Intérieur, fait savoir aussi que ce précieux instrument accompagnera l’établissement de la loi de Finances du fait que son élaboration et son exploitation généreront nécessairement des dépenses budgétaires.
Sur plusieurs plans, le ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales se trouve impliqué par la prévention et la gestion des risques majeurs ; autant dire qu’il est au cœur d’une problématique qui, dans ses prolongements et ses incidences, touche plusieurs autres départements ministériels, principalement l’Environnement et l’Aménagement du territoire, l’Agriculture, les Travaux public, la Pêche, la Santé et la Défense nationale. Dans la plupart des schémas d’intervention, le département de l’Intérieur- directement ou à travers ses démembrements au niveau des wilayas, des daïras et des communes- assure la coordination des actions de sauvetage, du rétablissement des équipements et des infrastructures ainsi que l’action de communication (relations avec les médias), en plus de la mission assumée en ce sens par le porte-parole du gouvernement.
La culture de la gestion des risques fait défaut
Pour ces raisons et pour d’autres motifs encore, le processus de décentralisation territoriale et administrative, supposant subséquemment décentralisation et fluidification de la décision d’intervention en cas de catastrophe naturelle ou industrielle, revêt une évidente urgence. En matière de prévention des risques majeurs, une chose paraît certaine : l’expérience à l’échelle mondiale a montré que ce genre de gestion relève surtout d’une culture, culture qui doit être perceptible aussi bien au niveau de l’administration, des Collectivités locales, des entreprises industrielles, des organisations de la société civile que de la vie domestique des ménages. Le secteur des finances, concerné à plus d’un titre par les opérations d’assurance matérielle et corporelle, commence à peine à s’intéresser à un grand ‘’gisement » d’argent laissé longtemps en friche. Le dernier bilan établi pour l’année 2007 par le secteur des assurances en Algérie traduit une certaine avancée dans la prise en charge des risques naturels et industriels même si l’engouement en la matière est loin d’égaler le niveau connu dans les pays industrialisés surtout pour ce qui est des contrats d’assurances privés et domestiques.
L’Algérie a initié en 2005 une législation plus rigoureuse inhérente aux catastrophes naturelles et aux risques majeurs. Ce qui était naguère un fatras de lois et instructions dispersées dans le temps et sur plusieurs documents a été synthétisé et renforcé par la loi de 2005 entrant dans le cadre du développement durable que le ministère de l’Aménagement du territoire, de l’Environnement et du Tourisme a soumise au débat de l’APN au cours du mois de novembre 2004. Ce corpus législatif est censé servir et protéger la communauté tout entière dans l’ensemble des ses activités économiques, domestiques et industrielles. Elle tend aussi à réduire les coûts économiques liés aux dysfonctionnements et dérèglements des processus et dispositifs industriels et a réduire les dépenses de prise en charge d’éventuels pandémies pouvant affecter les populations ou les cheptels.
Prévision et prévention : talon d’Achille de la prospective
Nous gardons cette image du vulcanologue Haroun Tazieff, désigné en France comme ministre délégué aux Catastrophes naturelles et aux risques majeurs au début des années 80, lorsque, avant la période estivale, il sortait sur les talus des routes et sur les lisières des massifs forestiers pour inaugurer les chantiers de débroussaillements et enlever de ses propres mains les premières touffes de buissons avant de prodiguer un cours d’écologie aux ouvriers qu’il vient de galvaniser.
Chez nous, les incendies de forêts ont, au cours de ces deux dernières années, dans leur folie furieuse, entraîné la mort de plusieurs personnes; cela, outre les dommages subis par les oliveraies et les figueraies. Le prix actuel de l’huile d’olive, soit 400 dinars le litre, est, entre autres raisons, dû à cette coupe en règle ayant affecté les vergers de la montagne.
Au cours du printemps 2007, plusieurs wilayas d’Algérie ont procédé à des simulations d’intervention en cas d’attaque de la grippe aviaire. Les services de la protection civile, de la direction de la Santé, de l’administration des Forêts et de l’Agriculture, en plus des APC, ont été mobilisés, à cette occasion, à mettre en branle le dispositif d’intervention en cas d’attaque du virus H5N1 sur des populations de volailles.
Comme l’automne de cette année, celui de 2007 à été inauguré dès le 21 septembre par des précipitations qui, très rapidement, se sont transformées en déluge. Ce fut une grande partie des wilayas du Nord qui virent des infrastructures routières endommagées (des ponts récemment construits ont été carrément emportés par les eaux en furie), des bergers et des passants étouffés par les coulées de boue, des voitures perdues dans des torrents et des maisons s’affaisser. A Aïn Defla, M’Sila, Bordj Bou Arréridj, Médéa, Djelfa et dans d’autres régions du pays, les populations ont payé le prix de l’incurie et de la mauvaise gestion qui ne sont propres à aucun service précis, mais relèvent d’une déliquescence générale allant des services de la voirie, de l’APC, jusqu’aux concepteurs des ouvrages d’art, en passant par des questions plus compliquées- car les responsabilités y sont plus diluées- à l’exemple des déboisements par lesquels des versants de montagnes sont complètement mis à nu, ce qui se traduit par une érosion sous forme de coulée de boue envahissant routes, villes et bourgades.
Au mois de novembre 2007, les rumeurs les plus folles ont circulé au sujet de la fiabilité technique du barrage de Beni Haroun. Ces rumeurs ont un fondement : des mini-séismes étaient ressentis dans le périmètre proche de la digue, principalement dans la commune de Grarem Gouga. Le ministre des Ressources en eau a essayé de rassurer la population, mais l’entreprise n’était pas facile, d’autant plus que le président de la République lui-même, en visite dans la région, avait menacé de fermer l’ouvrage si des risques sur les populations surgissaient. On ignore pour l’instant la part de vérité et de spéculation au sujet d’éventuelles fissures dans cet ouvrage, cependant une réalisation de cette envergure- 960 millions de mètres cubes, autant dire une mer intérieure en amont de la partir nord de la wilaya de Jijel sur Oued El Kébir- est censée réunir toutes les conditions de sécurité. On ne peut pas lésiner sur les moyens financiers, d’autant plus qu’ils existent, quand il est question de la sécurité de millions de citoyens.
Le dicton dit si bien que ‘’gérer, c’est prévoir », et dans ce cas précis, la prévision se traduit en système de prévention. Partout dans le monde, les coûts économiques (matérialisés en devis) prennent désormais en compte les impondérables liés aux risques sécuritaires, sanitaires, industriels et naturels. Mieux, les banques qui financent les projets ne mobilisent les crédits qu’après avoirs jaugé des différents aléas qui pèsent sur eux. De même, les compagnies d’assurances modulent les niveaux de garantie et les prestations de remboursement en fonction des risques auxquels sont exposés les personnes et les objets assurés (projets, marchandises, immeubles, unités industrielles, personnel des ateliers…).
Pour tout dire, c’est d’une culture de la gestion des risques et d’une culture des assurances qu’il s’agit ici, culture qui, dans notre pays, commence à peine à pénétrer les structures administratives, les entreprises et les foyers.
Comment retenir les leçons ?
L’Algérie, instruite par une série de calamités liées à sa géographie physique et à la gestion approximative de son économie, ne peut pas se permettre de continuer à gérer anarchiquement et dans la précipitation la survenue de catastrophes au prix de vies humaines et d’infrastructures économiques qui auraient pu être sauvées avec un minimum d’organisation des méthodes d’intervention. La loi définit le risque majeur comme étant ‘’une menace permanente du fait de catastrophes naturelles ou d’activités humaines liées au progrès technologiques et à l’usage accidentel qui pourrait être fait de certaines matières ». Dorénavant, l’installation d’unités industrielles seront tributaires des études d’impact sur l’environnement comme cela se fait à travers tous les pays du monde. En outre, il est fait obligation aux industriels, aux agriculteurs et aux particuliers exerçant certaines activités spécifiques de contracter des assurances contre les catastrophes.
Où en sont les règles de prévention et les mécanismes d’intervention mis jusqu’à présent en Algérie ? Certains exemples, récents ou lointains, nous montrent que la préparation des pouvoirs publics et de la société aux éventuelles calamités naturelles ou industrielles est des plus aléatoires. Dans la plupart des cas, c’est carrément la navigation à vue. L’accident du complexe GNL de Skikda en 2004, qui a causé la mort d’une quarantaine de travailleurs et des pertes matérielles dépassant un milliard de dollars, est à méditer dans le sens où des avertissements ont été donnés, selon des syndicalistes, par des employés bien avant la survenue de la catastrophe. Mais, tels des cris de Cassandre, ils n’ont pas été entendus. C’est que les mécanismes de veille et de surveillance technologiques n’ont pas fonctionnés si tant est qu’ils aient été préalablement programmés et installés. De même, la polémique soulevée il y a quelques années de cela par le crash de l’avion d’Air Algérie à Tamanrasset n’a fait qu’ajouter un peu plus à la confusion sur les explications techniques concernant la panne d’un des réacteurs de l’aéronef.
Outre ces accidents circonscrits dans un espace déterminé, il y en a qui prennent des proportions plus dramatiques. C’est la cas des inondations de Bab El Oued en novembre 2001 qui ont constitué un drame pour toute une ville et une épreuve pour la Nation. Au cataclysme de la nature, se sont greffés les ‘’erreurs » et les lacunes de la prévention. Les bulletins météorologiques dits d’alerte émis par l’ONM et annonçant des pluies exceptionnelles sur le Centre du pays n’ont pas été pris en compte par les autorités concernées. Au moment où les premiers cortèges de travailleurs se rendant sur les lieux de leur travail ont emprunté le boulevard Frais-Vallon, les masses de boue les entraînèrent-dans les bus et dans les voitures particulières- vers le marché du Triolet où ils furent ensevelis sous les laves de terre. Certains corps ont été jetés carrément dans la mer. Il n’était pas encore 8 h du matin. La Radio nationale, que beaucoup d’automobilistes et mêmes des conducteurs de bus écoutaient en ce moment-là, n’avait pas soufflé un mot sur la catastrophe qui commençait à faire ses premières victimes. Une intervention instantané de ce média public aurait mis en garde et dissuadé beaucoup de gens d’aller s’aventurer sur ce boulevard en cette sinistre matinée de samedi. L’information de proximité, assurant utilement le service public ne fait pas encore partie de notre culture. Il se trouve que la plupart des victimes ont trouvé la mort à l’extérieur de leurs domiciles. C’est dire que l’information diligente et bien véhiculée peut bien épargner au moins une partie des vies humaines. L’anarchie dans la distribution des aides humanitaires- ayant fait le bonheur de gens sans scrupules- a encore ajouté un peu plus d’amertume au drame des survivants abrités dans des tentes en ces froides nuits de novembre coïncidant, qui plus est, avec le mois de Ramadhan 2003.
Le séisme qui frappa la région de Boumerdès n’a pas échappé, lui non plus, à la polémique. Administration, promoteurs immobiliers et entrepreneurs en bâtiment ont essuyé le courroux de populations meurtries ayant perdu leurs proches, leurs maisons, leurs ateliers, leur argent et leurs papiers. Les immeubles nouvellement construits et réceptionnés s’effondrèrent comme un château de cartes en cette maudite soirée.
L’anarchie urbanistique, la fraude dur le bâti, le poids de l’exode rural, enfin, tous les maux de la gestion approximative de nos cités ont trouvé ce jour-là leur expression la plus dramatique : deux mille morts, des centaines de blessés et handicapés, des enfants traumatisés et des milliards de pertes matérielles. Les blessures tardent à se refermer d’autant que l’enquête diligentée par le ministère de l’Habitat et le procès des parties impliquées dans la fraude sur le bâti n’ont pas convaincu grand monde.
Il est aussi établi, par les connaissances géologiques disponibles, que la région de Boumerdès est traversée par une faille sismique sur laquelle la construction doit être soumise à de strictes règles parasismiques. Dans les deux cas de figure- inondations et séismes-, les premières règles de prévention sont, sans conteste, le respect des règles de l’aménagement du territoire et des normes urbanistiques. Le développement équilibré de l’arrière-pays (montagne et Hauts Plateaux) limitera considérablement l’exode qui a fait de nos villes des ‘’agrégats » sans âme et des ensembles vulnérables.
Il se trouve que même le Sud algérien n’échappe pas à cette anarchie urbanistique. Le long de l’oued M’Zab, sont érigées au cours des dernières années, des dizaines de demeures sans que des études appropriées en établissent la validité.
Le risque fait partie de notre vie
Un autre phénomène, aggravé par la décennie d’insécurité et de lutte antiterroriste, est représenté par la perte du couvert végétal due aux incendies de forêts. L’Algérie perd dangereusement chaque année une grande partie du couvert végétal déjà bien maigre qui ‘’s’accroche » sur la partie nord du pays. Même si les conséquences du déboisement se manifestent à moyen et à long termes, les prémices sont déjà là : érosion des sols, y compris les piémonts et les plaines céréalières, envasement des barrages et retenues hydriques, diminution du capital cynégétique et du gisement ligneux, disparition de certaines sources d’eau et reflux de l’activité touristique.
Les incendies de forêts constituent des risques majeurs pendant leur déroulement dans le sens où les hameaux et villages sont directement menacés par les flammes. Le drame qui frappa en 1994 la commune de Toudja, dans la wilaya de Béjaïa, est toujours présent dans les mémoires : une dizaine de morts et des centaines d’hectares d’oliveraies anéanties en l’espace d’une semaine.
Au cours de la dernière décennie, l’Algérie a déployé ses efforts pour prévenir deux grands dangers : l’un, d’importance régionale : le criquet pèlerin qui menace toute la région sahelo-saharienne et le Maghreb ; l’autre, dont le risque est planétaire : la grippe aviaire. Notre pays est monté au front pour parer à l’invasion du criquet. En collaboration avec la FAO, l’Algérie a non seulement ‘’balayé devant sa porte » en traitant des milliers d’hectares à Laghouat, M’sila et Djelfa, mais elle aussi envoyé des missions (personnel, équipements et produits) pour aider certains pays comme la Mauritanie, le Mali et le Niger de façon à neutraliser le danger ‘’in situ ». Quant aux mesures prises pour la prévention de la grippe aviaire, des cellules intersectorielles sont mises en place dans chaque wilaya pour veiller à l’apparition d’un moindre signe de la maladie sur les populations de volaille. Au moment de la ‘’sinistrose » de l’année 2006 où, de différents points de la planète, il était signalé des oiseaux atteints de la maladie ou qui en sorts morts, les services vétérinaires algériens ont procédé au confinement de la volaille et même les transactions ont connu une période de gel. Même si, au cours des derniers mois, cette pathologie a connu à travers le monde un sensible reflux, les cellules de veille algériennes n’ont pas dormi du ‘’sommeil du guerrier » ; la preuve en est les exercices de simulation effectués à travers plusieurs wilayas visant à préparer le personnel d’intervention à toute fâcheuse éventualité.
La gestion des risques majeurs et des catastrophes naturelles doit être intégrée, comme dans toutes les économies et les législations modernes dans la gestion de l’économie et dans l’esprit de la bonne gouvernance. Dans son volet prévention ou dans la phase d’intervention, elle fait appel, par un arsenal législatif et réglementaire, à la mobilisation des compétences et des énergies nationales pour asseoir des mécanismes de prévision, de prévention et d’intervention. Un autre aspect du problème étant la police d’assurance. Vu que la culture d’assurance ne fait pas partie des mœurs des Algériens, la loi initiée par le département de M. Cherif Rahmani contraint les propriétaires d’immeubles, de maisons, de magasins et d’ateliers à contracter des assurances contre les risques naturels et les accidents industriels ou domestiques. C’est un signe de modernité et c’est aussi un geste de solidarité nationale au même titre que l’assurance maladie. Nul n’est à l’abri d’un sinistre. Les indemnisations obéiront à des conditions claires : déclaration de sinistre, taux, nature et champ d’application de l’assurance, nature des équipements ou récoltes endommagées.
Le risque fait partie de notre vie. Il importe de savoir le gérer et, à l’occasion, d’en atténuer les conséquences. C’est l’un des enjeux majeurs de la mondialisation où les économies deviennent de plus en plus interdépendantes faisant que des produits alimentaires, pharmaceutiques, cosmétiques et autres d’origine turque, jordanienne ou chinoise-dont il importe d’établir la traçabilité- envahissent le marché algérien.
A. N. M.
iguerifri@yahoo. fr
