Le ministère de la Culture, qui a instruit les 48 directions de wilaya de commémorer le 12 janvier a, depuis quelques années, pris d’excellentes initiatives pour célébrer Yennayer à travers le territoire national. Plusieurs festivités sont effectivement au programme de cette journée qui n’a toujours pas été décrétée « chômée et payée ». Une injustice si l’on se réfère aux propos tenus par différentes personnes que nous avons rencontrées et qui s’indignent de cette « omission » sur le calendrier officiel de l’Etat algérien. Pourtant en 2004 et 2005, lors des rencontres Aârchs – Gouvernement, on se souvient qu’il était question de décréter Yennayer jour férié. Mais depuis, aucune instruction officielle n’a été formulée en ce sens. Pourtant, pour le personnel exerçant dans les différents établissements scolaires de la wilaya de Bouira, la question de Yennayer ne se pose même plus. La plupart des collèges et des lycées ont depuis quelques années pris l’habitude d’être désertés par les élèves durant cette journée. ‘ »Le premier janvier, Awel Mouharrem sont des jours fériés, pourquoi alors renier nos origines berbères en travaillant le 12 janvier? », nous dira un élève rencontré à la sortie d’un lycée de M’chedallah. Pour les enseignants approchés, le 12 janvier est une date incontournable dans l’histoire de l’Algérie. Même si la manière dont est fêté Amenzu n’Yennayer est différente d’une région à une autre du pays, le label de cet événement a une envergure nationale dans l’ensemble des régions. Pour Ahmed Hamoum, auteur de plusieurs ouvrages, Yennayer est fêté différemment selon les régions. Le plus souvent en famille autour d’un couscous préparé d’une manière particulière, accompagné de viande salée et séchée (achedluh), avec des légumes de saison. Le poulet s’invite lui aussi à la table familiale et c’est là, une des spécificités du plat de Yennayer, en plus de la convivialité qui règne en pareilles circonstances. Si les avis diffèrent sur la manière de célébrer Yennayer, officiellement ou officieusement, l’instauration de cette date en jour férié tarde à se concrétiser. Le 12 janvier est pourtant une date « ouvertement » reconnue par le gouvernement, d’ailleurs le silence radio qui entourait, auparavant, la célébration de Yennayer est, le moins que l’on puisse dire, rompu, mais l’Etat tarde cependant à prendre les mesures nécessaires pour instaurer cette journée officiellement fériée.
Hafidh B.
