L’ex-Mirabeau offre donc l’image d’une ville riche et prospère où la pauvreté est absente, voire…
Pourtant, cette activité tous azimuts cache une autre réalité que seul l’habitant connaît : le chômage et le désœuvrement existent bel et bien, à l’instar de toutes les communes d’Algérie.
Et, pourtant, historiquement, la ville a effectivement connu ce qu’on appelle « le plein-emploi ».
En effet, dès 1963, il y a eu l’implantation d’un complexe textile, l’un des plus grands d’Afrique qui a atteint durant « l’Age d’or » des années 70 son apogée en employant près de 5 000 personnes. C’est dire si cette usine a absorbé non seulement la main d’œuvre locale mais aussi régionale.
A cette unité productive de fil et tissus, est venu s’ajouter dans les années 80 un complexe laitier de l’Onalait qui a offert des centaines d’autres emplois permanents. Cette période faste fait partie du passé, car ces unités atteintes par la crise dès la fin des années 80 ont arrêté les recrutements et même procédé à « des départs volontaires » qui ont accentué le chômage naissant.
La commune possède bien un autre filon de l’emploi qui est l’agriculture, mais sa riche plaine constituée d’ex-fermes coloniales, a, depuis 1962, périclité, ses vergers donnés en exploitation vieux et mal exploités n’emploient qu’une maigre frange juvénile de manière saisonnière.
Reste le commerce qui a véritablement prospéré au point de devenir l’unique source de revenu dans la ville.
Mais le commerce, si important soit-il, peut-il absorber toute la masse des demandeurs d’emplois qui arrivent chaque année sur le marché ? Si tel est le cas, Mirabeau petit bourg paysan colonial, puis ville industrielle, a-t-elle trouvé sa vocation dernière et surtout, peut-elle, est-elle préparée à tourner le dos à son passé ?
Bouammar Ahmed
