L’escalade de la mercuriale des prix de la sardine continue son envolée à Akbou. Ce poisson pélagique, assimilé il n’y a pas si longtemps, au « blé » des mers, affiche des tarifs à vous donner le tournis : 250 DA le kilo ! Qui dit mieux ? « A ce rythme, la sardine est bien partie pour détrôner la volaille et le pauvre smicard devrait d’ores et déjà s’astreindre au sevrage des produits carnés », ironise un citoyen de la région.
« Désormais, enchaîne-t-il, manger du poisson, c’est un peu un degré de civilité atteint dans la hiérarchie sociale ». Il y va malheureusement ainsi et pas autrement de ce baptème du feu de la sardine amorcé voilà plusieurs semaines et qui n’est pas près de regagner ses… « pénates » au bas du thermomètre.
« Quand vous avez une offre réduite drastiquement en raison des mauvaises conditions climatiques et qu’en face, la pression de la demande est toujours soutenue, les prix sont forcément tirés vers le haut », tente de s’amender un marchand de poisson de la ville d’Akbou.
Contacté par téléphone, un mareyeur invoque d’autres arguments pour justifier l’envolée des prix, tels que la période de frai du poisson et une kyrielle de facteurs « exogènes » qu’il élude cependant d’expliquer.
« Il va sans dire qu’on ne peut mettre en vente que du poisson ayant atteint la taille « commerciale ». En deçà, les spécimen sont rejetés en mer, ce qui donne des prises souvent maigres alors que le coût de l’activité reste toujours élevé. Subséquemment à tous ces écueils, on ne peut jamais rentrer dans nos frais avec des prix en-dessous de 200 DA le kilo », soutient-il.
Voilà qui augure de sombres perspectives. Il ne reste plus alors qu’à transformer les estomacs en oreillers et les poissonneries en halls d’exposition. En attendant des jours d’indigence !
N. Maouche
