Un forum dédié au médecin généraliste et à la prévention

La faculté des lettres et sciences humaines de l’université d’Alger a abrité le 5e forum de l’omnipraticien et du symposium international sur l’immunothérapie antitumorale et la vaccination anticancéreuse durant trois jours, les 17, 18 et 19 du mois en cours. Organisé par la revue Le Fascicule de la santé, ce rendez-vous scientifique a enregistré la venue de médecins des quatre coins du pays, ainsi que la présence de plusieurs personnalités étrangères, françaises, américaines et japonaises, de renommée internationale. Au programme de ce forum, plusieurs conférences et une dizaine d’ateliers, traitant des diverses pathologies. Selon Salah Laouar, directeur de la revue Le Fascicule de la santé et co-organisateur du forum, l’éminent rendez-vous a permis aux médecins généralistes de prendre connaissance des différentes techniques médicales utilisées dans la lutte contre le cancer et l’anemie. « Les médecins ont eu à partager les expériences d’éminents spécialistes. Différents thèmes ont été inscrits au programme du forum, à savoir l’hypertension, le diabète, l’asthme, la dépression, etc. Onze ateliers ont été animés par des experts à l’intention des médecins généralistes », dira-t-il. Les spécialistes étrangers ont souligné la réussite, ces dernières années, de l’immunothérapie antitumorale, ayant abouti au renforcement du système immunitaire, en le modifiant. Le procédé consiste dans le prélèvement de cellules d’un malade qui lui seront injectées par la suite pour une stimulation efficiente du système immunitaire… Le Dr Masmoudi a, dans son exposé sur la maladie d’Alzheimer, souligné le rôle et l’importance du médecin de famille (le généraliste) qui favorise la prévention de la maladie d’Alzheimer et des maladies ultra-fréquentes tel le diabète (pas moins de 2 millions de diabétiques en Algérie), HTA… Par ailleurs, tout au long des travaux du forum, il a été démontré le rôle du médecin généraliste qui s’avère d’une importance capitale, il est même un rempart face à la croissance de certaines maladies « ultra-fréquentes » (diabète, HTA, suicide, dépression…) Ceci par le fait qu’il est, comme qualifié par le Dr Thierry Marquet, « le radar du suicide », dans la mesure où il est en contact direct avec le patient. « En 2020, la dépression sera la deuxième maladie invalidante — 3,47 millions d’Algériens en sont atteints, avec la proportion de 2 femmes/1 homme. Il faut que les Etats, même les pays développés, investissent dans la santé mentale. C’est l’enjeu du XXIe siècle, il faut que les Etats prennent à bras-le-corps la santé publique », dira-t-il. Se voulant plus explicite et argumentant ses propos par les chiffres, il ajoutera : « Depuis la mise en place des radars sur les routes, il y a eu une diminution du nombre d’accidents. La dépression fait croître le taux du suicide de 30 %, de ce fait le rôle du généraliste est crucial ; il est le radar du suicide.  » Dans une discussion en marge du forum le Dr T. Marquet (gériatre) fera ressortir, avec brio, le lien existant entre la santé publique, notamment à travers le rôle prépondérant de la prévention, la croissance des maladies tels le diabète, l’HTA, la dépression… et les fléaux de la drogue, l’alcoolisme, le suicide et les accidents de la route. Ne dit-on pas, « il vaut mieux prévenir que guérir ». A l’occasion de ce 5e Forum, plusieurs médecins nous ont fait part de leur inquiétude face aux multiples pathologies et fléaux qui prennent de l’ampleur à travers les contrées du pays, notamment la Kabylie où les chiffres relatifs au nombre de suicide, de l’HTA, du diabète, …ont pris des proportions alarmantes ces dernières années. « La Kabylie est l’une des régions du pays nécessitant un véritable plan de sauvetage, en toute urgence. Elle a accumulé un grand retard multi-sectoriel. Chômage, drogue, dépression… ont atteint les villages les plus reculés », nous dira un médecin.

Ahmed Kessi