Une opération à problèmes

De quoi s’agit-il ? Au départ, une initiative louable de l’exécutif local de développer ses ressources budgétaires : Sidi Naâmane, commune déshéritée, n’a dramatiquement aucune richesse locale génératrice d’impôts. Depuis l’Indépendance aucune unité économique n’a vu le jour sur son territoire. De plus, aucune activité commerciale n’existe, contrairement à toutes les autres communes voisines : il n’y a ni abattoir, ni marché, ni parking… Aucune activité qui pourrait apporter une quelconque rentrée d’argent.

C’est, donc, dans ce sens que l’APC a initié un recensement de toutes les activités commerciales individuelles en général, et surtout les activités dites « au noir » nombreuses comme partout ailleurs.

La base légale est indéniable : considérant que le maire, en tant que premier responsable de la commune, est tenu de respecter et faire respecter la loi.

Il s’est, donc, engagé à transmettre aux services des impôts, la liste des commerçants non légaux. La loi est claire à ce sujet, toute activité commerciale est sujette à immatriculation au centre du registre du commerce. L’imposition du fait du principe juridique de l’égalité des citoyens devant l’impôt, n’est pas bien sûr acceptée par les concernés qui soulèvent trois questions : pourquoi le maire s’est, selon eux, substitué aux services du commerce et des impôts et a procédé seul au recensement ? Pourquoi la commune de Sidi Naâmane veut être l’exception à la règle, sachant que l’activité informelle est majoritaire en Algérie ? Et enfin sachant l’état déshérité de la commune, pourquoi veut-on leur ôter leur gagne-pain et les verbaliser ? Peut-être que la communication dans le cas d’espèce aurait évité bien des incompréhensions, voire des conflits stériles et inutiles. Les énergies et la réflexion seraient ainsi mieux utilisées dans un développement local tant attendu.

Bouammar Ahmed