En empruntant la RN 5, qui traverse le village d’Ighrem, d’est en ouest, se situant territorialement dans la commune d’Ahnif (Bouira), le visiteur ne peut pas s‘empêcher de constater l’émergence de nouvelles baraques appartenant aux vendeurs d’objets artisanaux au bord de la route.
Ils sont de plus en plus nombreux à s’installer dans ce village d’apparence anodine. La délocalisation des artisans de Rrich, de Zebboudja et d’ailleurs, vers cet endroit n’est pas fortuite et fait le bonheur des habitants de ce village. Avec l’ouverture de l’Autoroute est-ouest, ces artisans sont contraints de changer de lieu faute de clients.
Les automobilistes n’empruntent plus le tronçon de la RN 5 qui traversait jadis Bouira.
Ighrem est, donc, leur destination favorite étant donné qu’elle ne sera contournée par l’autoroute que dans deux ans au minimum. Les automobilistes sont obligés de passer par Ighrem en attendant l’ouverture d’autres tronçons. C’est l’un des derniers endroits à voir une intense concentration convergente de routiers. C’est pourquoi les locations de baraques vont bon train.
Ce qui, par ricochet, génère indirectement de l’emploi pour les nombreux jeunes du village, en sus de l’animation nocturne, inhabituelle pour cette agglomération. Celle-ci fait sa mue, par la force des choses : les accotements s’élargissant, de nouveaux cafés, restaurants et autres commerces ont fait leur apparition récemment. Bref, l’installation de ces artisans à Ighrem réjouit la population qui les a favorablement accueillis, elle qui n’a pas beaucoup de ressources à part quelques petites fabriques de parpaings et des huileries. Ighrem est une localité à vocation exclusivement agricole à dominance oléicole.
B. Hakim
