Question de ralentisseurs

C’est seulement après la mort d’un enfant de dix ans, que la municipalité de Aïn Zaouia a procédé à la pose d’un ralentisseur sur la partie de la route qui relie la ville de Boghni à Draâ El Mizan. Et encore, il faut le dire, il a fallu les pressions des comités de villages de Aïn Zaouia pour que la pose se fasse ! (voir La Dépêche de Kabylie du 2 juillet). Cela se passe souvent ainsi : c’est seulement après un accident tragique que les autorités élues décident d’intervenir alors que la simple pose d’un ralentisseur aurait pu sauver la vie du malheureux enfant. Dans le cas de la route de Aïn Zaouia, c’est déjà trois enfants qui ont été sacrifiés sur l’autel de la vitesse ! Dans le cas de Aïn Zaouia encore, les citoyens ont eu la sagesse de saisir les autorités et de les inciter à mettre sur place des ralentisseurs : ailleurs et c’est souvent arrivé c’est les citoyens eux-mêmes qui se chargent de l’opération. En dressant soit des buttes de terre ou de ciment, soit des sortes de tranchants qui coupent la route en deux, soit encore en creusant des sortes de tranchées… Les gens qui ne s’embarrassent ni de la fonctionnalité des obstacles, encore moins de leur esthétique, ne visent qu’une chose, : ralentir, stopper les chauffards à l’entrée des agglomérations ou des tronçons routiers très fréquentés. On comprend cette préoccupation, mais on déplore aussi que les ralentisseurs, tout en constituant une protection pour les piétons peuvent constituer une gêne pour les automobilistes voire provoquer à leur tour des accidents, notamment la nuit, en l’absence d’éclairage ou de signalisation des ralentisseurs. C’est pourquoi, il est plus qu’urgent que ce soit les municipalités qui se chargent de ce problème : en mettant les ralentisseurs là où il faut et surtout des ralentisseurs conformes aux normes !

S. Aït Larba