Les quantités de drogues saisies ont connu une hausse vertigineuse de 2007 à 2009, les saisies opérées ont plus que triplé. Elles sont passées de 4 tonnes en 2007 à 30 tonnes en 2008 contre 34 tonnes en 2009 en l’espace de quatre mois, soit, 5 tonnes par mois et 60 tonnes d’ici à la fin de l’année. Ce constat indique que le trafic de drogue ne cesse de prendre des proportions alarmantes. S’exprimant hier sur les ondes de la Chaîne III de la Radio nationale, le chef de division a la police judiciaire au commandement de la Gendarmerie nationale, le colonel Djamel Zeghida a expliqué ses données chiffrées par le renforcement du dispositif de lutte contre les narcotrafiquants notamment dans le sud du pays. « Cette augmentation est le résultat, outre du dispositif de surveillance qui a été renforcé aux frontières du pays, aux enquêtes ouvertes, aux investigations qui ont permis de déceler et de connaître les cheminements et les modes opératoires des narcotrafiquants », a-t-il fait savoir. Il enchaîne « la gendarmerie a ainsi opté pour des dispositifs de surveillance adaptés avec le renforcement des capacités et des moyens d’intervention ». « Ainsi, le dispositif de lutte qui était beaucoup plus renforcé sur l’axe des wilayas du Nord a contraint les narcotrafiquants à chercher d’autres voies moins saturées » a-t-il ajouté. Il a expliqué à cet effet, que « l’activité des services de lutte contre la criminalité transfrontalière, que ce soit sur les frontières ou sur les voies de communication, a généré une saturation de cet axe ».
L’Algérie est passé de statut de pays de transit à un pays de consommation de drogue, voire de production. L’invité de la Radio nationale dément pourtant ce dernier constat. Pour illustrer ses propos, le colonel Zeghida a affirmé que toutes les tentatives de production ont été avortées par les services de la Gendarmerie nationale. « Nos éléments ont tiré beaucoup d’enseignements des affaires traitées en 2007, liées à la culture de l’opium dans le sud du pays », dira-t-il. Cela a permis, selon la même source, « de mettre à nu toutes les plantations et de les détruire avant même que la culture n’arrive à maturité « . Tout en insistant sur le fait que « l’Algérie n’est pas un pays de production », le colonel Zeghida a tenu à rassurer que « les propriétaires de ces plantations n’ont même pas eu le temps d’extraire l’opium ou de transformer la végétation qui a été préparée ». Il y a lieu de signaler que des mesures ont été prises pour l’adaptation du mode d’action, du renforcement du dispositif de surveillance par le déplacement des postes frontaliers, ainsi que par la surveillance des voies de communication et les pénétrantes sur le tracé frontalier dont proviennent 85% des drogues saisies. A signaler également que la Gendarmerie nationale compte enfin impliquer les unités de l’Armée nationale dans la lutte contre le trafic de drogue.
L. O.
