Ceux-ci ont recouru à cette action pour se faire entendre. Ils réclament notamment la réouverture de la RN 24, le raccordement de leur localité au réseau du gaz de ville et l’alimentation en eau potable. Leur situation vis-à-vis du fisc constitue également une des préoccupations soulevées par les grévistes.
Pour ceux qui ne le savent pas, les villes touristiques ne sont pas soumises au même taux d’impôt que les autres localités.
Les commerçants de Tigzirt estiment qu’ils doivent être mis sur un pied d’égalité que leurs homologues des villes « non touristiques », cela dans la mesure, disent-ils, où Tigzirt n’est pas aussi fréquentée et n’attire pas autant de touristes.
Par conséquent, l’activité commerciale dans leur localité devient très limitée, notamment en lisière.
Aussi, cette activité se trouve particulièrement paralysée, selon les protestataires, par la fermeture de la RN 24 reliant Tigzirt à Dellys.
Pour eux, l’ouverture de celle-ci, fermée signalons-le depuis l’avènement du terrorisme, peut redynamiser leur commerce qui se trouve au point mort.
Mais aussi paradoxal que cela puisse paraître, ces commerçants payent plus d’impôts, soutiennent-ils, que les autres pour la simple raison qu’ils travaillent dans une cité classée « zone touristique ».
Sur leur lancée ils réclament également, le gaz de ville qui n’arrive toujours pas, au même titre d’ailleurs que l’eau potable. En fait, nous a-t-on expliqué, le projet de raccordement de cette ville côtière au réseau de gaz est un rêve qui date de plusieurs années. Il a été accordé en 2007, croit-on savoir, mais il n’a pas été réalisé jusqu’à ce jour. C’est pour toutes ces raisons que les commerçants de Tigzirt ont décidé de tenir cette grève et ce après avoir frappé à toutes les portes afin de faire aboutir leurs revendications.
Ils menacent même de radicaliser leur mouvement si les autorités brillent encore par leur absence. L’action d’hier constituait un recours inévitable et a été largement suivie à travers toute la localité. Seul le service minimum a été assuré par une pharmacie, les autres ont tous baissé les rideaux faisant ainsi de Tigzirt une ville morte durant toute la journée d’hier.
M. O. B.
