La station régionale de la protection des végétaux a délégué une conférencière, en la personne de Mme Ameghrous pour présenter une communication sur l’ennemi mortel du cerisier, le capnode. S’aidant d’un data show, elle a pu montrer aux nombreux présents les différentes phases du développement de l’insecte. Le bupreste noir commence sa vie par la phase larvaire. Dès l’éclosion des œufs que la femelle a pondu près du collet de l’arbre, les petites larves entament leur descente vers le sol et se fixent sur les grosses racines où elles poursuivent leur croissance pour atteindre plusieurs centimètres pour ressembler à la queue d’un scorpion : Xylophages, elles se nourrissent du bois tout en creusant de longues galeries sinueuses qui pourrissent par la suite, entraînant à terme la mort de l’arbre. On a pu voir sur des images un verger complètement décimé à Tizi Rached. De même, l’insecte s’attaque aussi aux pépinières de jeunes plants.
Les présents ont pu également voir des spécimens de cet insecte conservés dans de petites boites en verre, ainsi que les différents stades larvaires. La taille de certaines larves était impressionnante.
Passant aux méthodes de lutte, Mme Ameghrous a insisté sur la nécessité de promouvoir la lutte biologique, elle dira : «Nous avons tendance à ne concevoir la lutte contre les ennemis des cultures que sous la forme chimique. Mais cette manière de faire a des effets très néfastes à terme sur l’environnement ». Le capnodage, ou capture des adultes pour les détruire, a pour résultat de diminuer considérablement la population du bupreste et surtout les femelles qui peuvent pondre jusqu’à 300 œufs : « En tuant une femelle, vous empêchez trois cent capnodes de naître, brisant ainsi le cycle de reproduction du ravageur ». Il existe également plusieurs produits, tels l’admission qui tue les adultes. A la dose de 100 gr par arbre épandu dans une cuvette, le produit est très efficace. Deux traitements sont nécessaires par an, le premier en avril, le deuxième six (6) semaines plus tard. Plusieurs questions ont été posées à la représentante de la SRPV, portant notamment sur la disponibilité des produits, la qualité des plants vendus sur le marché, la fiabilité des produits disponibles. L’attention a été attirée sur le fait qu’acheter des plants non certifiés pouvait s’avérer un très mauvais investissement car ces plants, en plus de ne pas correspondre avec certitude à la variété voulue, peuvent véhiculer des maladies virales ou parasitaires. La conférencière a insisté sur le fait qu’il faut s’adresser à des pépinières et revendeurs agréés pour les plants ou les produits de traitement.
M. Amarouche
