Fortement ébranlé, suite aux multiples coups de boutoir de l’ANP, l’ex-GSPC n’est pas encore totalement déstructuré. Une simple lecture des derniers faits sanglants, qui indignent bien sûr l’opinion, fait apparaître que cette nébuleuse terroriste, d’obédience salafiste, conserve encore des capacités de nuisance, particulièrement dans certains coins de la Kabylie. L’attaque terroriste d’il y a une semaine, à Timezrit avec 10 morts, et à laquelle s’ajoute l’acte brutal, d’avant-hier à Mizrana où l’on déplore un mort et trois autres blessés, ne peuvent être que l’œuvre d’une organisation disposant d’une implantation non négligeable entre la capitale et l’est du pays. D’autant qu’il y a encore d’autres poches de l’islamisme armé dans les monts s’étendant de Jijel à Skikda. Ici et là, les embuscades meurtrière furent fréquemment suivies, ces derniers mois, de délestage des armes aux membres des services de sécurité et GLD. Il faut donc prendre garde et ne point minimiser de telles résurgences de l’ex-GSPC, qui tente, selon ses propres méthodes diaboliques, d’inscrire sa guérilla dans la durée. Amoindries sur le plan des effectifs, ces hordes sanguinaires usent souvent dans les hameaux isolés d’un langage religieux pour prélever la dîme (djizia) et tenter de créer d’autres réseaux. L’armée régulière est présente, ces jours-ci, en force dans les maquis de Dellys et Mizrana. Une contrée névralgique qui a toujours constitué un refuge sûr pour les différentes hordes de l’islamisme armé : AIS, GIA puis GSPC, sous la coupe successive de Hassen Hattab et Droukdel. Différentes sections de l’armée régulière – dont celle des BFM, qui ont la réputation de savoir se battre – se relaient, depuis deux années, pour nettoyer les zones sensibles, situées entre Dellys et Tigzirt. Au bas mot, plus de 80 terroristes ont été abattus, durant cette période. En prolongement du quadrillage constant de cette partie de la Kabylie maritime, un important dispositif sécuritaire est mis en place au niveau des axes routiers avoisinants. Les monts du sud-est de Boumerdès, entre autres, la partie ouest de Sidi Ali Bounab, Timezrit et Meddah, demeurent, eux aussi, sous haute surveillance militaire. Toute baisse de la garde risquerait encore d’être fatale. Et l’ANP peaufine sa stratégie de lutte contre le péril intégriste, en profitant de sa longue expérience dans ce domaine précis.
Salim Haddou
