Manque de liquidités et pannes des micros

Des chaînes interminables de modestes clients se voient du matin au soir, dans une atmosphère suffocante de chaleur et d’humidité, devant des guichets CCP devenus inactifs suite à des manques d’argent liquide ou à des pannes intempestives d’ordinateurs. Un fonctionnaire rencontré dans une file d’attente de la poste principale de la ville de Bouira paraît excédé par une telle situation et, dans un moment d’extrême colère, se mettait à lancer des jurons à tout va. « Cela fait quatre jours, nous avoue-t-il, que je pointe devant les guichets de Sour El Ghozlane, puis de l’ECOTEC, et enfin du centre-ville de Bouira, c’est toujours la même réponse (quand on veut bien nous répondre, bien sûr). Si ce n’est pas la panne de la machine, c’est l’argent liquide qui fait défaut. J’ai des obligations pressantes et je ne peux pas attendre davantage. C’est mon droit ; c’est mon argent. Je ne demande pas la charité. Je commence sérieusement à douter des arguments qu’on nous avance ». Dès que le problème se règle pour quelques minutes, c’est la bousculade générale. Il n’y a plus de file d’attente. Un vieillard, marqué par l’âge et la fatigue, crie à tue-tête pour qu’on lui rende sa pièce d’identité et son chèque. « Je ne prends pas l’argent ; gardez-le pour vous, rendez-moi seulement mes papiers ! ». Dans la cohue générale, la voix du vieux ne porte pas loin. Il sort de la salle pour se reposer sur les escaliers extérieurs. La machine tombe de nouveau en panne. C’est un jeune garçon de son village qui le rejoint sur les escaliers et lui tend ses papiers. Il l’aide à se mettre debout. Le vieux lance un soupir et remercie Dieu de pouvoir retrouver sa carte d’identité. Ce sont des scènes qui se reproduisent pratiquement à chaque fin de mois (à partir du 24) en raison de l’échéance des payement de retraites. Mais, ce qui s’est passé ce mois de juillet dépasse tout entendement.

Amar Naït Messaoud