Dans leur rapport adressé au wali, en effet «un énième rapport» disent ces habitants, ils dénoncent «l’exclusion et la marginalisation» qu’ils subissent depuis «toujours». Une marginalisation qui se traduit par l’absence des «commodités de la vie». En effet, les habitants de Chréa, village d’Ouled Rached, situé aux frontières de la commune d’El Adjiba, semblent inlassablement en quête d’une vie décente. Ces villageois parcourent en aller et retour presque 60 km pour seulement parvenir au chef-lieu de leur commune. «Un simple besoin au chef-lieu de la commune, un extrait de naissance par exemple, nous reviens si cher chez nous», nous déclare, L. Boulem, habitant à Chréa. Et pour cause, ces villageois font systématiquement «le détour» en passant par 5 localités, pour un trajet de 30 km, pour enfin, arriver au chef-lieu d’Ouled Rached. A l’origine de ce calvaire qui perdure «depuis l’indépendance», dira notre interlocuteur, la route reliant le village à Ouled Rached, de passage par Taghzout, est totalement inutilisable. D’ailleurs, on n’utilise cette route «que pour une nécessité absolue». Pour rappel, cette route qui «semble être abandonnée par les responsables» est longue seulement de 9 km. Mais, faut-il aussi le signaler, la route qu’empruntent les habitants de Chréa pour rallier la route de Bechloul, qui est déjà est une piste, est à son tour impraticable. «Alors qu’on peut s’en passer de route», blague un autre habitant. L’eau potable est encore un problème «majeur». Curieusement, après le projet de l’acheminement de l’eau potable d’El Adjiba, dont la conduite principale passe par le village, elle est réalisée en 1994, pour une somme de plus de 14 milliards de centimes, est aujourd’hui abandonnée, ainsi que la station d’eau réalisée au village, pourtant distante de 200 mètres. Par conséquent, à l’approche de la canicule de cet été, ces villageois doivent «compter sur eux même» pour boire cette matière vitale ! Pis encore, le village n’est encore pas doté d’un réseau d’assainissement. En conséquence, les égouts sont, souvent, à ciel ouvert, les odeurs répugnantes sont constamment un danger qui risque de compromettre la santé des habitants. Par ailleurs, alors que le détachement de la police communale «est placé» en face de la mosquée et de l’école et ce, à la frontière d’El Adjiba, soit à 3 km de Chréa, un village réputé dans un passé récent comme étant un fief des hordes islamistes, ses habitants déplorent également l’absence de l’éclairage public.
«Comme vous voyez notre village est dans une zone montagnard, l’éclairage public est une nécessité car nous sommes perpétuellement hantés par la menace terroriste», nous dira Boulem. Ces habitants, disent ils, s’interdisent les déplacement nocturnes même pour se rendre chez un voisin ! Enfin, il faut aussi citer la salle de soin qui durant les années précédentes fut l’objet de dévastation par les groupes intégristes, ces habitants qui souvent, même à une heure tardive, se déplacent jusqu’au chef-lieu de la wilaya pour les besoins de santé, demandent la restauration de cette salle afin de les soulager un tant soit peu, eux qui continuent à «de parcourir 40 km pour changer un pansement». En attendant les jours meilleurs, les habitants de Chréa souffrent encore le martyr !
L. M.
