Le Forum se privatise

Cette tendance est d’abord sémantique. On parle ainsi simplement du «Forum de Béjaïa» et non du «Forum de l’université de Béjaïa», comme d’aucuns ont tendance à l’entendre.

Mieux encore, la manifestation est financée hors fonds de l’université, et dégage même une plus-value, grâce à l’apport des entreprises participantes. «L’université a engrangé quelque 50 millions de centimes au titre de la deuxième édition du forum», révèle fièrement le recteur Djoudi Merabet.

Une autonomie financière qui fleure bon les relents d’une certaine privatisation.

Le nombre d’entreprises qui s’intéressent à cette festivité augmente d’année en année. Elles étaient trente l’année passée et une soixantaine cette année dont une bonne partie est liée par des conventions de partenariat avec l’université.

Le forum qui combine des conférences-débats et une plate-forme d’expositions apparaît comme une fenêtre ouverte à l’implication du privé dans le devenir universitaire.

L’année dernière, une entreprise avait offert des laptop aux majors de promotion. Une trentaine de nouveaux diplômés avaient pu être placés dans le marché du travail à la faveur de cette manifestation, interface entre l’université et les entreprises. La «professionnalisation» des profils des diplômés, rendue possible, grâce au système LMD, qui, ici plus qu’ailleurs, a détrôné l’ancienne option, semble intéresser au plus haut point des entreprises qui recherchent des recrues immédiatement opérationnelles. L’université s’éloigne de l’option académique et ne s’en cache pas. «Nous devons basculer totalement vers le système LMD qui représente une véritable performance pour nous adapter au marché de l’emploi», proclame le recteur Djoudi Merabet lors d’une conférence donnée au Centre Echaâb des études stratégiques (voir La Dépêche de Kabylie du 28 juin 2009).

L’entrée en opération d’un Centre d’innovation et de transfert technologique, dans le cadre du programme de la direction générale de la recherche scientifique et du développement technologique devrait marquer un confortement du rapprochement avec le monde de l’entreprise.

L’exemple de certaines universités étrangères qui dégagent d’immenses bénéfices grâce à des prestations de recherche scientifique fait rêver le premier responsable de l’université de Béjaïa.

M. Bessa