Dans une interview accordée, mercredi, à l’hebdomadaire arabophone El-Khabar-el-Ousbouai, Tarik Mira répète que son e-mail avait été l’objet d’une effraction de la part des proches de Saïd Sadi, voire de ce dernier lui-même.
Trois courriels serviront de pièces à conviction à son exclusion.
Le premier était adressé à son collègue Ali Brahimi, déjà en disgrâce et par lequel il lui conseille que « c’est bien d’être en accord avec ses idéaux et de ne pas avoir peur de l’exclusion même si cela peut provoquer des dégâts ». Le deuxième est adressé à la première conseillère de l’ambassade de France « qui me demandait quelques jours auparavant si Mouloud Hamrouche allait signer la pétition de personnalités qui devaient appeler au boycott du scrutin présidentiel du 9 avril ».
Le dernier est enfin un courriel par lequel il dissuade un parent de rejoindre les rangs du RCD. « Eu égard à ce que je constatais de visu dans le fonctionnement et l’opacité de la gestion du parti, je conseillais à mon cousin d’aller réaliser ses rêves ailleurs », déclare Tarik Mira.
« Comme je me suis occupé durant douze ans des relations internationales, la tentation est forte de me souiller par ce biais là précisément.
Paradoxalement, la vraisemblance va être tentée par le fait que je sois le fils d’un héros de la lutte de libération nationale », analyse le désormais ex-secrétaire national aux Relations internationales du RCD. Voilà donc pour la petite histoire. Pour ce qui est de l’avenir, Tarik Mira révèle que des contacts pouvant déboucher sur la création d’un nouveau parti politique sont en cours. « L’idée de rassembler, dans un premier temps, des cadres en jachère, venus d’horizons partisans divers pour aller vers une charte des libertés me paraît la chose la plus réaliste et la plus indiquée en cette période », déclare-t-il après avoir relevé la difficulté de créer un parti « eu égard à la fermeture et au contrôle du champ politique par le pouvoir ».
Mais l’idée d’un nouveau parti n’est pas écartée. « Si demain, des conquêtes sont réalisées, il ne faut pas exclure d’aller vers un nouveau parti », dira-t-il. A cette perspective, Tarik Mira fixe d’ores et déjà quelques règles : « Il y aura un certain nombre de règles qui vont prévaloir allant à l’encontre du zaïmisme.
Toutes les instances et organismes seront élus et la limitation des mandats établie ».
Quant à l’espace politique à occuper, il sera dans l’opposition, laquelle doit être une force de convictions et de propositions.
M. B.
