Habitués aux sensationnels et à la titraille impudique, nos deux « confrères », Echourouk et Ennahar, font du métier de journalisme une tribune où l’on distille de la haine, de la manipulation et surtout un ethnicisme à outrance.
Pas loin qu’hier, Echourouk, confident attitré des islamistes, a publié en une la photo du tristement célèbre, Hassan Hattab, ex-émir national du GSPC, responsable de la mort de plusieurs centaines d’Algériennes et d’Algériens, accompagné d’un cheikh de l’Islam, appelé, selon le journal, Saâd El Barik. Hassan Hattab, le sanguinaire, se veut un donneur de leçons, en déclarant que « si l’Etat avait dépensé autant d’argent qu’il dépense au profit de la lutte antiterroriste, pour la réconciliation nationale, le problème aurait été réglé ». Echourouk vient de franchir le Rubicon, en ouvrant ses colonnes à l’un des criminels que l’Algérie n’a jamais connus. Ces journaux, ressemblant de près à « un lit de Procuste », s’évertuent, au mépris des lois de la République, à blanchir les monstres islamistes de leurs crimes contre les Algériens. Ceci est un fait gravissime, d’abord contre la justice de notre pays, ensuite, contre la mémoire de nos martyrs et celle de leurs familles. En organisant cette rencontre entre un cheikh étranger à notre pays, avec la brute Hassan Hattab, le journal renseigne sur les visées peu acceptables de cet organe, censé, en premier lieu, faire de l’information. Echourouk comme son clone Ennahar vont, envers et contre tous, à la recherche de scoop. Cela ne va pas, sans dire, toute la répugnance et l’exécration que cela provoque chez le lecteur. Dans cette interminable recherche de l’exclusivité, ces touailles « tirent la crampe », espérant prendre leur revanche sur le dur complexe linguistique, qui est le leur vis-à-vis de leurs confrères francophones, mêlent et démêlent l’information sous des angles pas toujours concluants. Echourouk et Ennahar, tout comme El Bilad, se rabattent tels des charognards sur l’actualité afin de la concevoir sous un prisme tout bonnement islamisant ! Les lopins où les bribes d’infos échappant aux familles de kamikazes, ou celles des victimes sont tailladés pour « s’en aller, en eau de boudin ».
Les forfaits que ces journaux commettent quotidiennement sont incalculables. Ainsi, leurs attaques répétées contre Ferhat Mehenni, en l’accusant de collaboration avec Israël, désignant ainsi, à la vindicte populaire, le MAK et toute la région de Kabylie, comme région prédisposée, naturellement, à contracter la grippe porcine (sic) et, dans la foulée, à se convertir, tout aussi naturellement, au christianisme, sont parmi les sujets les plus prisés par ces quotidiens et qui constituent leurs graves dérives ethnicistes et kabylophobes. A travers cette salle besogne emplie de ressentiments et de racisme contre cette région, qui, pourtant, n’avait pris les armes que pour la libération du pays, une année après l’Indépendance pour défendre le sacrifice suprême de nos martyrs confisqué par la dictature de Ben Bella et enfin, contre les hordes terroristes islamistes afin de défendre la République, ces journaux semblent trouver leur compte. En prenant pour cible même les délégations africaines venues défiler à Alger, ce début de semaine, sous prétexte que des femmes africaines étaient à moitié « dénudées », ces mêmes journaux prêtent main-forte à l’islamisme et à son aile armée, le terrorisme ; fait qui devrait, indiscutablement, faire réagir les plus hautes autorités du pays, mais « à Pâques ou à la Trinité » !
Mohamed Mouloudj
