A chaque irruption de terroristes ou de bandits dans l’entourage de Boghni, les langues se délient et l’encre coule à flot pour rappeler que cette ville est synonyme de terreur et de sang. C’est comme si ce qui se passe partout ailleurs est normal, attentats, accrochages, vols, rackets et hold-up. Mais de grâce messieurs ne tuez pas l’espoir dans l’œuf. N’assimilez pas Boghni à la Sicile, à Baghdad où je ne sais quelle ville martyre. Ce n’est pas un simulacre de hold-up dans une banque, ou un accrochage avec les services de sécurité, qui peuvent faire de cette ville une région qui inspire la peur, la terreur. Boghni vit le plus normalement du monde. Même après tout attentat ou tout hold up y perpétrés, la vie continue son cours et les gens sourient et vaquent à leurs occupations. Tala Guilef a d’ailleurs, bien sûr des séquelles fort apparentes, mais les séquelles ne se voient-elles pas sur toute ville et village algérien, et sur tout Algérien lui-même ? Quand aux déflagrations, elles font le plat quotidien ces dernières semaines des Londoniens à la reine Elizabeth II. Les hold-up et les attaques de banques se sont aussi « organisés » pas loin des sièges de la CIA, du FBI et de Scotland Yard. Non, Boghni n’est ni la Sicile, ni Baghdad.
Salem Amrane
