Sarkozy :  »Pour le moment, je m’en tiens au communiqué du GIA revendiquant l’assassinat »

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Le président français Nicolas Sarkozy dément toute existence d’une quelconque crise entre la France et l’Algérie après que le général à la retraite Buchwalter eut fait des déclarations fracassantes mettant en cause l’armée algérienne dans l’assassinat des sept moines de Tibéhirine en 1996. Répondant à une question d’un journaliste en marge du sommet du G8 qui se tient en Italie, Nicolas Sarkozy a réaffirmé que « le secret défense sera bel et bien levé. L’enquête de la justice est en cours et c’est à elle seule que revient la tâche de traiter ce dossier « . » Pour le moment, je m’en tiens au communiqué numéro 44 du GIA en 1996 revendiquant l’assassinat des moines. Néanmoins, je veux que toute la lumière soit faite et aucune personne n’est accusée pour l’instant et il est évident que nul ne peut tirer des conclusions hâtives », indique-t-il. Le président français a créé une polémique en décidant de lever le secret défense dans l’assassinat des sept moines et il est évident que cette décision entraînera l’implication de tous les acteurs de l’époque, à commencer par le président Chirac, Charles Pasqua, Alain Juppé ainsi qu’Hervé de Charrette qui a réagi aux déclarations du général. Pour sa part et selon l’AFP qui l’a interrogé, l’ancien président français Jacques Chirac a souhaité que « la vérité soit établie » tout en refusant de commenter les faits. De son côté, la ministre française de la Justice, Michèle Alliot-Marie, a indiqué que le juge d’instruction qui est en charge du dossier des moines de Tibéhirine a adressé des commissions rogatoires en Algérie afin, dit-elle, de « demander une aide algérienne dans l’enquête qui est en cours » tout en abondant dans le même sens que le président Sarkozy dans les relations entre la France et l’Algérie. « Ce n’est pas une question de défiance ou de provocation à l’égard d’un pays ami. C’est un devoir de transparence et de vérité que nous devons à ces victimes, à leurs familles, à l’ensemble du peuple français » a rapporté l’AFP. Ainsi, la France tente de calmer les esprits et attend le travail du juge chargé de l’affaire qui a défrayé la chronique et remis en cause les relations, entre les deux pays, tendues ces derniers temps. Néanmoins, Sarkozy a précisé que « les relations entre les grands pays s’établissent sur la vérité et non pas sur le mensonge ». Ces déclarations ont fait réagir certaines formations politiques, à leur tête le RND qui par le biais d’un communiqué a dénoncé avec vigueur cette « énième bravade à l’égard de l’Algérie ». Côté GIA, c’est son fondateur qui a rompu le silence Abdelhak Layada qui affirmera que « les sept moines de Tibéhirine avaient été exécutés par le GIA » en soulignant que leur exécuteur est « Djamel Zitouni à la suite des atermoiements des services de renseignements français ». A rappeler que, pour le moment, aucune partie n’est accusée et les autorités françaises qui ont demandé à la justice de poursuivre l’enquête déclenchée en 2004 s’en tiennent toujours à la version officielle des faits. Le Président Sarkozy a réaffirmé hier qu’aucun » différend n’est à soulever entre lui et le président Bouteflika » tout en s’interrogeant : « Pourquoi devrait-il y avoir des tensions entre nous ? »

Hacène Merbouti

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