Reconnaissance, histoire et espérances

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“La salle des réunions” de la mosquée d’Arafou, prolongement historique du village Ighram, a abrité samedi 15 août une cérémonie organisée en l’honneur des filles et garçons ayant réussi cette année aux épreuves du bac. En plus des notables du village Ighram, beaucoup de cadres natifs du village, des membres des organisations de “la famille révolutionnaire”, d’industriels activant à Akbou, des élus de l’APC d’Ighram ont honoré de leur présence la cérémonie. Les élus de la commune d’Akbou ont brillé par leur absence alors que la cérémonie s’est déroulée sur leur territoire. Loin d’être fortuite, la date choisie pour l’organisation de cette cérémonie a été fixée pour sa coïncidence avec la célébration du 53e anniversaire du congrès de la Soummam. Une importance particulière a été accordée par tous les intervenants à cet aspect.

Vingt-six lauréats et 17 lauréats, natifs du village pour certains, et originaires pour d’autres, ont reçu chacun un dictionnaire et un pécule de 3 000 DA en guise de reconnaissance pour les efforts fournis mais aussi au titre d’encouragement pour poursuivre brillamment leur cursus universitaire. Les livres sont offerts par l’APC d’Akbou et l’argent, collecté auprès des habitants, par l’Union du village Ighram (UVI) qui signe de la sorte sa dixième édition en la matière. Le nombre des bacheliers a régressé cette année, comparativement à l’année précédente, lors de laquelle 62 lycéens ont été reçus.

Dans son allocution d’ouverture, Idir Aoudia, membre de l’association du village, a justifié l’évènement par “le respect que nous devons au savoir et aux sacrifices consentis par les parents, les élèves et les enseignants une année durant”. Lui succédant, Ahmed Ouazar, un sexagénaire, également membre de l’association, ancien syndicaliste, s’est étalée sur l’importance que revêt une telle cérémonie en invoquant le contexte politique, social et économique du pays en général et de la commune en particulier dans lequel elle intervient et enfin, il a exprimé ce que sa génération attend de celles des bacheliers d’aujourd’hui ; s’adressant aux lauréats, il leur dit : “Notre village, notre commune, notre pays ont sûrement le même espoir en leur jeunesse et donc en vous. Ils attendent de vous, à la fois, peu et beaucoup et entre autres, que vous restiez avant tout vous-même avec votre personnalité, avec l’enthousiasme et la sincérité qui caractérisent la jeunesse, mais aussi que vous vous intéressiez à votre avenir en abordant objectivement, selon votre conscience, les problèmes toujours nouveaux et plus complexes que vous rencontreriez au cours de vos études ou de votre vie professionnelle”. Changeant complètement du chapitre car conscient de l’impact négatif et la confusion que sème au sein de la jeunesse la crise multidimensionnelle que traverse notre pays, l’orateur, suggestif et solennel à la fois, termine son discours par des paroles empreintes seulement d’amour pour la patrie, il dira : “Certes, notre village, notre commune et notre pays sont encore loin d’être parfaits, mais ils méritent d’être aimés ! Alors, aimez-les car c’est ainsi que vous les servirez le mieux”.

B. Sadi

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