La qualité et le prix des viandes en disent long sur le pouvoir des réseaux intermédiaires et les spéculateurs quant au monopole du marché des produits agricoles et avicoles en Algérie. Le pouvoir de ces réseaux est un défi lancé contre toutes les mesures sur l’organisation du marché, et ce après que ces réseaux ont réussi à transférer le monopole de l’Etat sur toutes les activités d’importation et de distribution des produits alimentaires, dont les viandes, les différents produits alimentaires et toutes sortes de grains vers un monopole privé, a laissé entendre le représentant de l’UGCAA. « Ces réseaux détiennent le monopole de plus de 70% de l’alimentation algérienne, à cause du retrait anarchique du gouvernement du secteur commercial depuis 1994 et de la fermeture par le gouvernement de tous les grands espaces commerciaux et les entreprises, et sans mettre de mesures juridiques permettant aux autorités publiques de contrôler le marché et d’empêcher le monopole mafieux local de l’alimentation algérienne » a-t-il enchaîné. Les viandes rouges ont atteint chez les vendeurs en détail dans la capitale 960 DA le kilo, contre 350 DA le kilo de poulet chez les détaillants privés contre 250 DA le kilo dans les points de vente publics, qui proposent des poulets tout faits et préparés selon les mêmes conditions d’hygiène que celles appliquées dans les pays développés. La dinde a atteint 750 DA le kilo et la moyenne des prix des viandes congelées importées d’Amérique latine est de 510 DA. Quant aux légumes, leurs prix ont augmenté de 25 à 50% en deux jours. La pomme de terre est passée ainsi à 60 DA, le piment à 130 DA, le poivron à 110 DA, la salade verte 90 DA le kilo et la tomate 80 DA. El Hadj Boulenouar, porte-parole de l’UGCAA, a indiqué que l’appareil gouvernemental de contrôle des ministères des Finances et du Commerce, à travers les contrôleurs des prix et de la qualité, du ministère du Commerce, et les contrôleurs des services des impôts du ministère des Finances, n’ont pas pu bien contrôler le marché, d’autant qu’ils ne peuvent faire leur travail qu’avec les commerçants légaux au nombre de 1,2 million, alors que le nombre de commerçants illégaux dépasse les trois millions. « Cela a rendu le travail de contrôle pratiquement utopique et quasiment impossible », a-t-il conclu.
Y. Maouchi
