Manque de médecins au service des urgences

Le service des urgences de l’hôpital de Sidi Aïch, dans la wilaya de Béjaïa, accuse un véritable déficit en médecins généralistes et spécialistes. Le service ne dispose que d’un seul médecin qui ne peut donc pas être disponible au service à plein temps pour la prise en charge des malades venant de différentes régions limitrophes. « Cela n’est évidemment pas sans conséquences négatives », dira un médecin généraliste selon qui « la situation se complique davantage de ce fait en période caniculaire, surtout que le service en question enregistre un flux de malades surtout des asthmatiques ». « Et je dois signaler ici, poursuit notre interlocuteur, que l’intervention du médecin est plus que nécessaire pour la prise en charge de cas graves. Mais on assure en même temps différents services, soulignera-t-il encore. Nous sommes contraints à se déplacer dans les différents services en cas d’urgence, avec tous les inconvénients pouvant être à l’origine de ces déplacements du fait du long trajet à parcourir et les risques qui en découlent ». Cette situation sempiternelle entrave le bon fonctionnement de cet établissement hospitalier, et ce malgré le dévouement des équipes médicales et paramédicales qui redoublent d’effort pour satisfaire les malades. C’est en ce sens que les citoyens, conscients du problème, interpellent les pouvoirs publics pour trouver une solution et atténuer les souffrances des malades en mettant à la disposition de cet hôpital tous les moyens humains indispensables aux personnels des différents services d’accomplir honorablement leur mission. Le service des urgences a enregistré l’admission, durant la seule matinée du week-end dernier, de nombreux cas. « Le service a connu une grande pression pendant cet été avec les fortes chaleurs et le taux d’humidité très élevé. Nous arrivons difficilement à répondre au nombre élevé de malades qui se présentent à notre service et dont la plupart sont des personnes âgées, des enfants et des femmes atteints de maladies respiratoires », affirment des sources médicales locales qui précisent : « Qu’une grande majorité des victimes de cette chaleur caniculaire habitent dans des bidonvilles et des maisons construites avec de la tôle ». Par ailleurs, les médecins qui font face à cette pression soulignent que « nous ne disposons de moyens nécessaires pour y faire face.

Les malades n’ont d’autres choix que d’attendre, parfois près d’une heure pour passer, sachant que la priorité est accordée aux cas en état de crise intense ». Nombreux parmi les malades que nous avons rencontrés dans ce service expliquent combien ils souffrent de cette chaleur caniculaire. « J’habite dans un bidonville et j’ai des problèmes respiratoires. J’ai du mal à supporter cette chaleur. D’ailleurs, j’ai fait ce matin une crise qui a nécessité mon admission au service des urgences. J’ai été prise en charge et je me sens toujours mal », dira B. S., âgée de 65 ans, avant d’ajouter : « La première fois que j’ai fait ma crise, j’ai été obligée de me déplacer de Tifra jusqu’à Sidi Aïch au service des urgences, car je n’ai pas les moyens pour m’acheter le traitement dont le coût est estimé à 500 DA ».

De son côté, Abdelkader, âgé de 25 ans, dira : « Depuis ces deux jours de chaleur, j’ai des difficultés de respiration, c’est la raison pour laquelle je suis là ». Il est à rappeler que le service des urgences de l’hôpital de Sidi Aïch a enregistré, lors de la dernière vague caniculaire, il y a de cela un mois, l’admission de 120 personnes en état de crise, et ce en l’espace de deux jours. Par ailleurs, avec la hausse du thermomètre, les médecins recommandent aux personnes âgées et aux enfants d’éviter de s’exposer.

Samy H.