La valse des lunettes

l Comme le short ou le tee-shert, les lunettes solaires font partie de la panoplie des objets de l’été. A la plage ou sur les terrains de camping, dans les villes comme dans les campagnes, on les arbore pour montrer qu’on est en vacances. Bien entendu, la fonction première des lunettes et de protéger les yeux conte l’ardeur du soleil, il est vrai puissant dans nos contrées, mais c’est aussi, du moins pour beaucoup, un objet de parade, voire de prestige social. Il y a, en effet, lunettes et lunettes. Il y a celles que l’on peut se procurer sur les marchés ou chez les vendeurs à la sauvette et qui coûtent entre 200 et 400 dinars (on en trouve même, dans certains souks, à 100 et 150 dinars) et il y a celles que l’on acquière chez les opticiens ou les boutiques huppées et qui peuvent coûter jusqu’à 10 000 dinars et même plus quand il s’agit de marques réputées ! En ceux qui se payent de tels bijoux ne sont pas toujours les plus nantis : certains sont prêts à se priver de tous, à rogner sur l’essentiel pour arborer sur le nez des lunettes que les autres ne manqueraient pas d’admirer ! Heureusement, la plupart des gens se contentent de lunettes bon marché. Il n’est pas toujours certain qu’elles protègent efficacement les yeux, mais au moins, on peut en avoir sans se saigner. Surtout quand il s’agit, comme c’est le cas des pères de famille, de doter toute une famille. On peut aussi choisir les formes et les couleurs que l’on veut, voire les assortir avec les vêtements que l’on porte. Et, d’ailleurs, certains n’ont pas une paire de lunettes mais trois ou quatre. Et comme la mode change, il y a de fortes chances que les lunettes que l’on achète cette année ne seront pas portées l’été prochain !

S. Aït Larba