Le journal à 15 DA !

Situées respectivement à 35 km au sud-est et à 25 km à l’est du chef-lieu de la wilaya, les deux communes d’Ouled Rached et d’Ahl El Ksar semblent, toutefois, « s’obstiner » à traduire leur isolement même quand il s’agit de la réception des journaux.

En effet, bien qu’elles disposent désormais d’un des plus grands nombres de moyens de transport, la messagerie de presse, comme se fut au « début », y arrive toujours en retard. En outre, le prix d’un journal est « taxé » dans ces deux communes.

Ainsi, les lecteurs de journaux doivent débourser 5 DA de plus pour pouvoir feuilleter un journal. Jusqu’à un passé récent, c’est toute la région qui se souvient de Mustapha, ce trentenaire ambulant, qui sillonnait les artères du chef-lieu d’Ahl El Ksar, à l’instar de ces jeunes garçons qu’on voyait dans les films et qui vendaient à la criée des journaux dans les films du mi-siècle passé : « Allez venez achetez « la Gazette », ou « venez achetez la Pravda », Mustapha a, en fait, eu pendant plusieurs années le mérite d’y assurer « la livraison ».

En étant le seul revendeur de journaux dans toute la région, ce fut un métier de gain de pain pour lui. Pour ce faire, 5 DA seront donc prélevés comme une marge bénéficiaire sur un journal.

Aujourd’hui, alors que Mustapha a abandonné ce métier, un autre jeune a pris la relève et continue d’assurer la vente de journaux à Ouled Rached. Tandis qu’à Ahl El Ksar, c’est un bureau de tabacs et un taxiphone qui s’en chargent de cette mission. Malgré qu’on se donne plus de peine à l’image de Mustapha, ces revendeurs d’Ahl El Kasr maintiennent toujours 15 DA le prix d’un quotidien.

Pis encore, ces journaux sont souvent réceptionnés avec bien de retard. « En plus du supplément de 5DA, certaines informations nous parviennent, colportées de bouche à oreille, pendant que notre journal n’est encore pas arrivé, en particulier le samedi », nous dira Aïssa, un retraité. « Quand j’achète deux journaux, cela équivaut à l’achat de trois journaux ailleurs, mais je ne peux pas me rendre au chef-lieu de la wilaya pour en acheter trois, donc je n’ai pas le choix ! », nous dira de son côté un autre citoyen.

M. L.