Quel devenir pour les assemblées de Bouira?

Si, pour le point numéro 15 de la plate-forme d’El Kseur portant sur « l’institution d’une allocation chômage pour tout demandeur d’emploi à hauteur de 50% du SNMG », la revendication relève de l’ordre purement économique, le point n°8 ayant trait à « la satisfaction de la revendication amazighe dans toutes ses dimensions (identitaire, civilisationnelle, linguistique et culturelle) sans conditions et la consécration de la revendication tamazight en tant que langue nationale et officielle », s’avère un sujet délicat qui avait été, rappelons-le, le point de discorde entre les Archs et le gouvernement lors des premières négociations de 2004. Pourtant, à l’ordre du jour figurera un autre point relatif à la dissolution des APC et de l’APW de Bouira. C’est du moins ce que l’on nous apprend auprès de la Coordination des comités citoyens de la wilaya de Bouira qui, par le biais d’un de ses délégués, affirme que Bouira refuse de servir de « cinquième roue de la charrette ». Pour rappel, sur les 45 communes qui composent la wilaya de Bouira, seule l’APC d’El Asnam est concernée par la révocation des élus. De ce fait, de nombreux citoyens, notamment ceux issus des différentes municipalités berbérophones, qui avaient appliqué la consigne du Mouvement citoyen lors du scrutin du 10 octobre 2002, à savoir « le rejet de toute échéance électorale », s’insurgent contre ce qu’ils qualifient de « discrimination ». Selon un délégué de la CCCWB, le faible taux de participation enregistré à travers le territoire de la wilaya, lors des élections communales, parle de lui même : « Pourquoi réduire la Kabylie à une seule localité ? Si seule El Esnam est concernée par les futures élections partielles, dans ce cas nous n’hésiterons pas à recourir à des actions de rue pour démontrer au pouvoir que Bouira fait partie intégrante de la Kabylie, et à l’instar de Tizi Ouzou et de Béjaïa, nous exigeons la dissolution de toutes les assemblée, dont l’APW qui n’est absolument pas représentative, tout au moins en ce qui concerne les régions berbérophones ». Le gouvernement s’étant engagé à satisfaire l’ensemble des revendications contenues dans la plate-forme d’El Kseur et ce, conformément à l’accord signé avec les représentants du Mouvement citoyen, les citoyens de Bouira ont été désagréablement surpris en constatant que seule El Esnam était concernée par les prochaines élections anticipées. Seule ? Non, puisque cinq autres APC de l’est de la wilaya sont gérées par des administrateurs, soit un quorum suffisant pour permettre à l’APW de Bouira de revoir sa copie quant à une représentativité de ses membres plutôt mal élus, si l’on s’en tient au taux d’abstention enregistré lors du scrutin du 10/10/2002.

Hafidh B.