Les modules ainsi distribués pour les femmes rurales ont été acquis auprès de l’entreprise publique Aviarib de Aïn Bessem (ex-Orac). Ils sont constitués de 40 poulettes et de 40 kilogrammes d’aliment de volaille pour chaque foyer rural. Les femmes candidates à ce soutien de l’Etat se sont fait inscrire auprès des services sociaux des communes concernées. Il s’agit, dans la majorité des cas, de femmes soutiens de famille, veuves ou divorcées, en tout cas dans le besoin pressant d’accompagnement social.
Cet élevage familial vient compléter les modules d’apiculture distribués au cours des trois dernières années dans la même zone dans le cadre du même programme, à savoir le PER 2. Ces 7200 modules ont été distribués aux paysans qui ont adhéré au programme de l’arboriculture initié dans la région.
La livraison des fournitures apicoles comprend les cadres (plateau de vol, corps de ruches, cadres gaufrés, grille à reine, hausse gaufrée, nourrisseur et cadre de ruche, deux cadres de couvain et deux cadres de provision) et des essaims d’abeilles contenant chacun une jeune reine fécondée. Il est aussi exigé du fournisseur, la présentation d’un certificat sanitaire signé par le vétérinaire attestant que les essaims ne sont affectés par aucune maladie, particulièrement les attaques parasitaires qui ont décimé, au cours de ces dernières années, des peuplements entiers au niveau du territoire national.
Outre la livraison de ces modules apicoles, les fournisseurs assureront aux paysans bénéficiaires, une formation rapide sur la conduite des ruches, l’alimentation des essaims et les différents travaux d’entretien. Cela paraît comme une nécessité impérieuse vu que la région du sud de la wilaya n’a pas de tradition d’élevage apicole et son territoire n’est pas connu par sa richesse en plantes mellifères. Mais, il n’en demeure pas moins que ce programme a rencontré un engouement extraordinaire auprès des attributaires. Ce sont généralement des éleveurs d’ovins et des céréaliers chez qui les pouvoirs publics veulent enraciner d’autres pratiques qui permettront la diversification des activités agricoles de façon à impliquer même la femme rurale.
En matière d’apiculture, l’engouement s’est poursuivi avec les projets de proximité de développement rural intégré (PPDRI) dans lequel, cette activité figure en bonne place.
Parmi ceux qui ont fait réussir l’investissement de l’État consenti en leur direction, l’on trouve des paysans qui ont obtenu jusqu’à 70 kg de miel par ruche dans une zone qui n’a pourtant aucune tradition dans cette activité. Avec le prix actuel du miel sur le marché qui avoisine les 4 000 dinars/kg, le compte est fait pour un rehaussement certain du niveau des vie des foyers qui se sont investis dans l’apiculture.
D’autre part, cette région considérée comme la porte des Hauts Plateaux a bénéficié d’un quota de 300 machines à coudre destinées aux femmes rurales. Ces équipements sont censés contribuer à améliorer les revenus des ménages de ces zones déshéritées, revenus tirés essentiellement d’une céréaliculture vivrière et d’un élevage peu développé sur des terrains fortement érodés.
En tout cas, les promoteurs de ce projet, mis en exécution par la Conservation des forêts de la wilaya, ont, dès sa conception en 2003, pris en charge le volet de la promotion de la femme rurale, sachant que les autres activités du projet interviennent par des travaux réalisés au profit de ces populations (arboriculture fruitière, amélioration foncière, lutte contre l’érosion par des corrections torrentielles et les reboisements,…). En outre, donc, la diversification des activités agricoles qui sont proposées aux foyers de cette région sous forme d’investissements publics pérennes, des centaines de milliers de journées de travail ont été créees depuis le lancement des chantiers en fin 2005.
Les fournitures des cheptels familiaux et de certains équipements comme les machines à coudre ont pour objectif d’accompagner les ménages dans leurs efforts de stabilisation sur leurs terres
Les critères ayant présidé à l’établissement des listes ont été fixés par la direction générale des forêts et notifiées aux APC concernées. Ils se basent essentiellement sur les conditions sociales des femmes candidates au soutien de l’Etat (femme veuve, jeune fille soutien de famille, fille diplômée en couture restée en chômage,…).
En tout cas, ces actions de soutien aux ménages ruraux sont considérées comme étant des mesures d’accompagnement, sachant que les véritables investissements sont les travaux de plantations fruitières, le défoncement des sols, la mobilisation des ressources hydriques (aménagement de sources, réhabilitation de puits et construction de retenues collinaires), les travaux d’infrastructure (pistes) et les mesures de protection des sols (corrections torrentielles et reboisements).
Ces différents travaux ont commencé sur le territoire en question en décembre 2005 et sont, dans leur majorité, achevés hormis les pistes – soumises à la réévaluation de leur montant d’inscription – et la retenue collinaire de Lalouah (commune de Dirah), soumise à une étude d’exécution.
En lançant un programme d’emploi rural, l’Algérie escompte le rehaussement du niveau de vie des populations rurales dans les six wilayas touchées par ce programme (Tiaret, Tissemsilt, Chlef, Aïn Defla, Médéa et Bouira) et y créer des emplois permanents et temporaires. La mise en œuvre du PER 2 a également permis le retour de certaines populations vers leurs foyers d’origine après qu’elles eurent été contraintes à un douloureux exode vers les villes au cours de la décennie 1990.
Amar Naït Messaoud
